Glyphosate : l’Inra inventorie les alternatives et remet sa copie

Lise Monteillet

Le rapport de l'Inra

L’Inra a remis son rapport sur le glyphosate aux ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique, de la Santé et de l'Enseignement supérieur, le 1er décembre.

9100 tonnes de glyphosate

L’Inra rappelle que plus de 9100 tonnes de matière active de glyphosate ont été consommées en France métropolitaine en 2016. "Le glyphosate est utilisé, en agriculture, pour gérer/détruire des couverts et prairies, éliminer le verdissement des parcelles avant semis sans travailler le sol, contrôler la flore adventice difficile (vivaces, invasives, allergènes ou toxiques)", précise le résumé exécutif. 

« Ce rapport va désormais être analysé par les services de l’Etat », expliquent les ministères de l'Agriculture, de la Transition écologique, de la Santé et de l'Enseignement supérieur, après avoir reçu le rapport de l'Inra sur les usages et les alternatives au glyphosate. Ces derniers avaient demandé à l'Institut national de la recherche agronomique de plancher sur la problématique, par une lettre de saisine, le 2 novembre dernier.

Prochain objectif des quatre ministères concernés : présenter « une feuille de route ambitieuse visant une agriculture moins dépendante aux pesticides, dont le glyphosate ». Cette feuille de route « sera finalisée en début d’année 2018 », précisent-ils dans un communiqué, à l'occasion de la clôture des états généraux de l’alimentation.

Mobiliser des alternatives « seules ou de façon combinée »

Dans ce rapport de 88 pages, l’Inra identifie plusieurs alternatives techniques au glyphosate, à mobiliser « seules ou de façon combinée ». Dans son résumé exécutif, l’institut de recherche préconise la destruction physique par le désherbage mécanique, le travail superficiel du sol ou encore le labour. Il cite également des « stratégies d’évitement partiel » comme le recours au gel hivernal des couverts intermédiaires ou l’utilisation d’agroéquipements spécifiques permettant le hachage de la végétation. La culture sous mulchs vivants est également envisagée.

L’utilisation ciblée d’autres herbicides homologués « pourra être nécessaire pendant une période de transition pour traiter les adventices vivaces qui résisteraient aux options précédentes », prévient l’Inra, qui rappelle au passage que ces herbicides peuvent avoir des profils toxicologiques et éco toxicologiques plus défavorables que le glyphosate.

« Des agriculteurs utilisent déjà ces leviers », mentionne l’Inra.  « Ils sont donc possibles et même économiquement viables », à condition que leur mise en œuvre soit bien réfléchie à l’échelle du système de culture. « Des freins majeurs» sont néanmoins identifiés par les auteurs du rapport, dont l'impact économique, le temps de travail, les évolutions du parc matériel ...

Des impasses demeurent

L’Inra confirme qu’une interdiction du glyphosate va conduire à « des situations de difficulté́ et d’impasses au regard des leviers et connaissances disponibles à ce jour ». Sont particulièrement concernés : l’agriculture de conservation (environ 4% des surfaces de grande culture) ; les agricultures menées dans des conditions difficiles sans bénéficier d’une forte valeur ajoutée (terrasses, zones très caillouteuses, zones très fragiles vis-à-vis du risque d’érosion) ; la production de semences (380 000 ha), la production de légumes cultivés en plein champ (203 560 ha en 2014) ; le rouissage du lin fibre (88 000 ha en 2016) ou encore la récolte des fruits à coques (19 000 ha en 2014).

L’Inra détaille également les « changements profonds » induits par une interdiction du glyphosate. Les auteurs du rapport citent ainsi le besoin de maîtriser les hétérogénéités à l'intérieur des parcellesde développer l’agriculture de précision et la robotisation. La gamme de couverts végétaux d’interculture mérite d’être élargie. L’Inra évoque par ailleurs une extension de la conduite sarclée et un élargissement de gamme d'outils de désherbage mécanique. Il apparaît tout autant nécessaire de chercher des modes de contrôle chimiques ou alternatifs innovants, ciblant spécifiquement certaines espèces. 

Pour en savoir plus, découvrez notre dossier : "le feuilleton du glyphosate"

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Commentaires 21

POTEAU3716

c'est pas la peine de mettre des ingénieurs pour nous dire ce que l'on sait deja !

- retour du labour total , et outil de semis simplifié et direct , dans les orties .
- plus de dechaumage , d'heure de tracteur et de travail .

le seul hic ,c'est que depuis 25 ans , le nombre d'agriculteur fond comme neige au soleil , et la surface a travail par uth explose .
bas c'est pas grave , vu les cours des céréales , on importeras de la mains d'oeuvre des pays de l'est !

ddx

je vous signale qu il y a 25 ans le glyphsate était hors de prix et donc quasiment personne ne l utilisait et ca se passait pas si mal que ca.
il suffit de revenir aux anciennes méthode déchaumage et labour quand c est nécessaire c est pas compliqué!!!!

LIS 953

les OGM sont interdit en france ,les hormones de croissance sont interdites en france ,mais graines OGM
ou leur sous produits et la viande hormonée americaine nord ou sud rentre et vont continuer de rentrer et la france n'assure pas du tout

MacleGivre

Comme d'hab vous freinez des 4 fers et vous avez un peu raison, mais un peu seulement.

A chaque fois que l'on supprime quelques chose vous trouvez la parade, le glypho ce sera un gros morceau mais c'est finalement un détail de l'histoire. L'histoire c'est que vous avez les moyens de vous en passer mais c'est juste une histoire de cout, et là ou il faut que la France assure c'est en contrôlant les importations, et en refusant strictement tout ce qui contient des traces de glyphosate, on ne se l'interdit pas pour en consommer ou se laisser concurrencer par des gens qui en utilisent à tour de bras.


LIS 953

ces imbécile de grand penseur et grand orateur ont oublier que lorsque l'on est malade nous avons besoin de médicament pour se soigner pas systématiquement certes mais de temps en temps.
Mais comme ces gens la sont les conseiller de nos très chers élus qui ne pense qu'a leur cote de
popularité dans les sondages et favoriser leurs anciens camarades de promotion des grandes écoles de la république, devenu de grand importateur de denrées alimentaire produites avec des méthodes qui nous sont totalement interdites en france, l'avis des cul terreux dans les campagnes française
n'a que peu d'importance; de toutes façons plus vite ils vont disparaitre le mieux ce sera pour le
business

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