L’agrochimie investit dans les semences

Christian Gloria - Réussir Grandes Cultures Mars 2013

L’agrochimie investit  dans les semences
© C. Gloria

Chez les principales firmes phytopharmaceutiques dans le monde, l’activité semences prend une part de plus en plus importante dans le chiffre d’affaires et dans les budgets recherche et développement.

Classement

L’agrochimie investit  dans les semences

Cinq des six agrochimistes mondiaux sont bien placés dans le secteur des semences au niveau mondial.

Monsanto, DuPont, Syngenta, BASF, Bayer et Dow : les six principales multinationales de l’agrochimie ont toutes un pôle consacré aux semences, de plus ou moins grande importance. Ce secteur est devenu stratégique si l’on en juge les budgets de recherche et développement qui lui sont consacrés. De 2001 à 2011, ceux-ci ont davantage progressé en semences que sur les produits phytosanitaires. En 2009, le budget semences et génie génétique (seeds and traits) des six multinationales a même dépassé celui de l’agrochimie. Il avoisine les 3,5 milliards de dollars en 2011 contre moins de 3 milliards de dollars en phyto, selon une étude de l’agence Phillips Mc Dougall. Mais Monsanto, à lui seul, pèse beaucoup dans la balance.

Le filon OGM

Le développement des OGM a boosté la recherche et cela se voit en particulier chez Monsanto qui a tout misé sur ces biotechnologies pour développer ses ventes. « C’est une activité très rentable qui justifie les investissements puisque, si les OGM couvrent environ 10 % de la surface agricole dans le monde, ils représentent 40 % de la valeur du marché des semences », précise Renaud Laisse, directeur stratégie et organisation chez Syngenta. D’ailleurs, toutes les grandes sociétés semencières développent des OGM dorénavant.
Autre facteur expliquant le développement de la recherche en semences : l’ouverture des marchés. De nombreuses régions agricoles du monde utilisent des semences à très faible valeur ajoutée avec des sociétés locales pour les mettre au point. C’est de moins en moins le cas. « Les grandes sociétés semencières investissent dans ces pays (Europe de l’Est, Amérique latine…) en y menant des recherches propres aux spécificités locales au lieu d’adapter simplement des variétés obtenues ailleurs, remarque Renaud Laisse. Les cours élevés des productions végétales justifient les efforts de recherche dans les variétés à hauts rendements pour obtenir une forte valeur ajoutée. »

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Hybrides

Certaines multinationales se spécialisent sur les semences à haute valeur ajoutée avec des recherches axées sur les variétés transgéniques mais aussi sur des variétés hybrides pour assurer un retour sur investissement. En France, Monsanto est présent au travers de sa marque Dekalb avec ses hybrides de maïs mais aussi de colza. DuPont est bien placé également sur le marché du maïs et développe des tournesols résistants à un herbicide. Bayer arrive sur le marché du colza avec des hybrides et lance un programme ambitieux de recherche en… blé hybride. Syngenta est plus généraliste mais n’en développe pas moins des hybrides chez les orges.

OGM contre phyto

Les investissements en recherche et développement sont lourds pour répondre aux exigences réglementaires. De la découverte et mise au point de la construction génétique d’un OGM à son autorisation de commercialisation, il en coûte 136 millions de dollars par événement de transformation génétique. C’est élevé mais inférieur au développement d’une substance active : 256 millions de dollars en 2009 (étude ECPA).

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