L’ambroisie, un risque de santé publique

CA 63 FOURNIER F

L’ambroisie, un risque de santé publique

L’ambroisie, plante originaire d’Amérique du nord, est arrivée en Europe vers 1860 dans des semences importées. Restée discrète jusque dans les années 50, l’ambroisie a connu depuis quelques années un important développement dans la vallée du Rhône, son extension touche désormais l’Auvergne. Une réunion a eu lieu récemment à Thiers pour faire le point sur ce sujet et faire des observations de terrain.

Fiche technique

La Chambre d’Agriculture a réalisé une fiche technique pour la lutte contrel’ambroisie.

Ce document est disponible sur simple demande auprès de la P.R.A. Dore BoisNoirs. Tel : 04 73 80 10 06 ; mail : dbn@puy-de-dome.chambagri.fr ;envoi possible par mail.

Le site www.ambroisie.info donnede nombreuses informations sur les aspects botaniques et les risquesallergiques.

Un pollen fortement allergisant

L’ambroisie est une plante annuelle qui sort de terre fin avril et pousse lentement jusqu’en juillet. Elle entre ensuite dans une croissance rapide pour arriver à maturité à la mi-août. L’ambroisie est une plante qui colonise préférentiellement les terrains nus (elle ne supporte pas la concurrence d’une végétation dense) et les sols remaniés fréquemment.

L’ambroisie est présente dans de nombreux milieux : les terres agricoles, les zones périurbaines (chantiers de travaux publics, constructions, jardins, espaces verts …), le long des infrastructures de communication (talus autoroutiers, voies ferrées …) ou en bordures de cours d’eau (grèves découvertes en période de basses eaux).

Le pic de pollinisation a lieu en août-septembre. Le pollen,  de petite taille,  est dispersé sur de grandes distances par le vent. Fortement allergisant, ce pollen pose un réel problème de santé publique : réactions allergiques, avec des symptômes proches du rhume des foins (rhinites, conjonctivites ou asthme principalement). En Rhône-Alpes, secteur de forte présence d’ambroisie, 10 à 12% de la population est touchée par des réactions allergiques à cette plante, les personnes en contact direct étant les plus directement concernées : employés d’espaces verts ou de voirie, agriculteurs …

Etre vigilant

Face à cette menace, la préfecture du Puy-de-Dôme - en lien avec les autorités sanitaires régionales - a pris un arrêté préfectoral en juillet 2012 qui impose la destruction de l’ambroisie avant pollinisation ou montée à graines jusqu’en limites de parcelles. Cette obligation s’applique aux propriétaires de terrains agricoles (ou leurs fermiers), ainsi qu’aux gestionnaires de domaines publics (communes, communautés de communes) et d’infrastructures routières et ferroviaires. La vigilance est également de mise chez les particuliers dans les jardins ou dans les terres remuées (constructions).

Dans les espaces agricoles, la lutte curative repose essentiellement sur l’arrachage ou le désherbage chimique (voir encart « en savoir plus »). Les cultures de printemps - maïs et tournesol - sont particulièrement sensibles. Le binage dans l’inter-rang permet d’arracher les pieds d’ambroisie, mais de nombreuses plantules continuent à proliférer sur le rang, ce qui nécessitera un désherbage chimique. Frédéric Moigny, conseiller agronomie de la Chambre d’Agriculture recommande d’être vigilant sur le choix des produits de traitement pour ne pas risquer de phytotoxicité sur les cultures en place.

Pour les céréales, l’ambroisie retrouve un terrain favorable pour se développer dès l’enlèvement de la récolte. Le plus tôt possible après la moisson, un déchaumage avec des outils à dents à patte d’oie est recommandé pour couper un maximum de pieds d’ambroisie. Dans les parties de parcelles les plus envahies, des passages croisés de déchaumage peuvent être faits.

Organiser la lutte collective

En zones vulnérables, les repousses de cultures sont tolérées au titre des CIPAN (cultures intermédiaires pièges à nitrates).  Mais l’ambroisie peut en profiter pour prendre le dessus ! Jusqu’à maintenant, une dérogation était accordée pour détruire les CIPAN de manière anticipée et lutter contre les espèces indésirables comme l’ambroisie. Ce point est actuellement en renégociation dans le futur programme d’actions des Zones Vulnérables.

Par la diversité des milieux qu’elle peut coloniser, l’ambroisie nécessite une surveillance accrue et des actions appropriées de la part de tous les acteurs des territoires. Sur le secteur de Thiers, les collectivités comme la ville de Thiers et Thiers Communauté se sont emparés du dossier pour mettre en place un protocole expérimental de suivi et de lutte contre l’ambroisie auquel sont associés tous les intervenants (Agence Régionale de Santé, Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement, gestionnaires d’autoroute, de voies ferrées, services municipaux de voierie, espaces verts, Chambre d’Agriculture …).

Grâce à leurs bonnes pratiques, les agriculteurs peuvent contribuer à enrayer le développement de l’ambroisie, pour le plus grand bien de l’ensemble de la population.

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