L’étude Séralini dans la tourmente scientifique

Christian Gloria - Réussir Grandes Cultures Novembre 2012

L’étude Séralini dans la tourmente scientifique
L’étude sur les OGM de l’équipe de Gilles-Éric Séralini fait les choux gras de la presse. © C. Gloria

Les analyses des agences d’évaluation tombent sur l’expérimentationde Gilles-Éric Séralini. Le sérieux de l’étude est remis en question.

Le BfR salue l’étude sur un glyphosate avec ses adjuvants

L’étude Séralini dans la tourmente scientifique
Effet du Round up sur un rat de l'expérimentation de l'équipe de chercheurs de l'Université de Caen. © Criigen

Tout n’est pas à jeter dans l’étude Séralini. Le BfR juge avec intérêt l’étude alimentaire à long terme faite à partir d’une formule contenant du glyphosate (NDLR, Roundup) et non avec le seul principe actif. C’est une première. « Nous savons que certains adjuvants peuvent fortement influencer la toxicité d’herbicides contenant du glyphosate. Les résultats obtenus par Séralini et son groupe pourraient apporter une contribution expérimentale pour répondre à la question de l’influence d’excipients de formule sur l’effet à long terme des herbicides. Mais du fait d’insuffisances notables dans leur publication, il n’est pas possible de comprendre les conclusions essentielles auxquelles sont arrivées les auteurs. »

L’étude de l’équipe de Gilles-Éric Séralini (université de Caen) sur les effets d’un maïs OGM (NK 603) résistant au Roundup sur des rats de laboratoire a été médiatiquement très relayée. La communauté scientifique apporte son expertise.  Rappel : Gilles-Éric Séralini a mené une étude de deux ans de l’impact sur des rats d’une alimentation à base de maïs OGM NK 603 et de l’administration de Roundup dans l’eau de boisson à des doses compatibles à ce que l’on peut observer sur le terrain.
« Nous avons choisi le NK603 car il contient le caractère transgénique le plus répandu et qu’il est massivement importé en Europe, précise Gilles-Éric Séralini. Nous l’avons introduit dans l’alimentation des rats à hauteur de 11 %, soit l’équivalent de ce que consomment les Américains. » Il constate des différences importantes entre la population témoin (non traitée et nourrie avec du maïs conventionnel) et les populations tests. Celles-ci développent plus de tumeurs, montrent un taux de mortalité plus important ou présentent des lésions du foie ou des reins plus fréquentes. Les résultats semblent indiscutables sauf que la méthodologie laisse à désirer selon un large panel de scientifiques.
L’Efsa(1) et l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) ont publié leurs analyses de l’étude de Séralini. On attend celle de l’Anses en France. L’Efsa précise : « lorsque l’on réalise une étude, il est essentiel de s’assurer que sa conception et la méthodologie soient appropriées pour constituer une base solide qui révèlera la fiabilité et la validité de l’étude. »

Pas les bons rats

De nombreux points de l’expérimentation de Gilles-Éric Séralini posent question. La souche de rats choisie pour l’étude, Sprague-Dawley, est connue pour développer spontanément des tumeurs au cours de l’existence des individus dont la durée de vie n’excède pas deux ans. « Des animaux tombent malades spontanément pour les raisons les plus diverses ou en raison de l’âge et meurent au cours de l’étude », note les scientifiques du BfR. Conclusion : le choix de cette lignée de rats n’était pas appropriée à une étude aussi longue que celle de Séralini. Le chercheur de l’université de Caen a utilisé 10 rats par groupe et par sexe dans son étude. Il reprend ainsi le protocole de norme OCDE établi pour l’évaluation des variétés OGM qui est d’une durée de 90 jours.
Mais les scientifiques pointent du doigt que pour une expérimentation de deux ans, il aurait fallu choisir des groupes plus importants de rats. « Il existe des normes internationales reconnues en la matière, comme des lignes directrices de l’OCDE, remarque le BfR, et il aurait fallu 50 animaux par groupe et par sexe. Un effectif de 10 par groupe et par sexe est insuffisant pour déceler de manière fiable une tendance ou un effet. »
« C’est ridicule. Tous les OGM sont testés avec cette souche de rats, répond le chercheur. Chez les témoins, on a observé une tumeur sur les 10 rats témoins chez les mâles et 3 à 4 chez les 10 femelles. Dans les groupes OGM, le chiffre est de 18 sur les 20 rats. La différence est considérable. »

Où est l’analyse statistique ?

Tout résultat scientifique se doit d’être accompagné d’une analyse statistique pour juger de la validité. « La première partie de la publication qui traite de la mortalité et des tumeurs apparues (…) ne contient que des données descriptives mais aucune analyse statistique, " note le BfR. " L'exploitation statistique ne s'est limitée qu'à certains éléments de l'étude."

" Mon étude a des limites statistiques comme toutes les études faites avec 10 rats. Mais l'Efsa a autorisé des maïs transgéniques sur la foi d'études avec 5 ou 6 rats, des travaux produits par l'industriel lui-même qui ne communique pas les données brutes de l'étude ", s'est défendu le biologiste.

L'étude est entachée d'autres zones d'ombres comme le manque de précision dans la composition et le mode d'alimentation des rats. Les scientifiques attendent de Gilles-Eric Séralini et de son équipe la publication de l'intégralité des données de son étude, ce que le chercheur a promis de faire sur le site web du Criigen. On est dans l'attente.

(1) Autorité européenne de sécurité des aliments.

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Commentaires 6

yanenamare

Stop avec seraleni
En 2007 et 2009 il nous à déjà fait le coup .2 études qui démontraient aussi les dangers des OGM et qui ont été démonté avec facilité par des scientifiques qui eux n’avaient pas de parti pris comme cet escroc de seralini.(il n’en parle même plus lui-même de ses deux premier méfaits)
Pour le peux d’info qui ont percées ont peu constater quand même que sur un de ses groupe témoins male (sans ogm ni glypho) les rats sont plus touché par les tumeurs que le groupe male avec OGM. Sur la réponse à la dose de rundup ce sont les rats qui ont consommé les plus petites quantités qui ont le plus de tumeur (nouveauté sans précédent en toxicologie ou de petites doses font plus de male que de grosses doses).
Pas d’étude à long terme sur les OGM : faux Par contre il est vrai que aujourd'hui des études sur 90 jours seulement sont demandées pour l'autorisation de mise en marché.Mais il y a de nombreuse études faites sur des durées plus beaucoup plus longues et sur plusieur espèce et même sur plusieurs générations.
Monsanto cache ses résultats : faux .Toute leur dossiers ont été normalement transmis pour obtenir leurs autorisation de mise en marché aux organisme compétent et officiel .Par contre cet dossiers ne sont pas dans le domaine public, ce qui n’est pas la même chose (secret industriel).
Seralin est un anti ogm (mais plus un scientifique)qui à réussi sont coût pour vendre sont bouquin.
Je ne me considère pas comme un pro ogm et surtout pas comme un pro monsanto mais comme quelqu’un qui travail dans le milieu agricole scientifique et qui en à mare de voir des zozo comme seralini contribuer à mettre la pagaille dans un domaine tres technique ou il est facile de perdre les gents qui ne maîtrise pas tous ces sujets.De là à en faire un héros ou un martyr en plus c’est de la folie pure et le monde à l’envers.

BEAUDITLANIQUE

Quel est le niveau de dépendance de l'élevage français vis à vis des OGM.
C'est cela le vrai problème, nous ne devrions produire que ce que nous sommes en capacité de nourrir par nos propres productions et d'ailleurs il devrait être fixé immédiatement un seuil minimum d'autosuffisance alimentaire des élevages en dessous duquel on ne pourrait plus avoir le statut d'agriculteur.
Les solutions sont pourtant simple...

SERGENKA

Le titre est tous cobayes ; je vais mettre le mien sur amazon , je ne peux pas tous les garder ! egalement le monde selon Monsanto était tres instructif

damien36

Hélas, oui, le lobby proOGM est très fort!!
C'est quoi le titre du bouquin??

SERGENKA

j'ai lu le bouquin decrivant en détail l'étude ; Seralini a pris toutes les précautions pour eviter toute polémique et a été bien au dela des exigences habituelles ;il semble qu'aucun de ces " experts" ne l'ai lu ...mais Monsanto a beaucoup de copains dans toutes les instances européennes et mondiales

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