L'UE freine le développement des agrocarburants

L'UE freine le développement des agrocarburants

L'Union européenne a donné un coup de frein mardi au développement des agrocarburants, accusés de détourner les terres arables de la production alimentaire, contribuant au réchauffement climatique après être apparus comme une alternative énergétique.

Le Parlement européen a approuvé un compromis laborieusement négocié entre États et parlementaires, qui plafonne à 7% la part des biocarburants destinés aux transports.

La Commission européenne avait au départ plaidé pour plus d'autolimitation, réclamant un plafond de 5%, tandis que le Parlement souhaitait une limite à 6%.

Longtemps considérés comme une alternative aux carburants fossiles, les agrocarburants sont désormais épinglés en raison de leur impact négatif sur la production alimentaire, la déforestation et à terme le climat. 

Selon le Conseil, qui représente les États européens, le feu vert du Parlement va permettre de lancer la transition des biocarburants dits de première génération, produits à partir de céréales ou plantes sucrières et oléagineuses, vers ceux dits avancés, à base de déchets agricoles et forestiers ou de microalgues.

Le tout sans coup d'arrêt radical au secteur, selon les ONG environnementales, qui chiffrent la part des agrocarburants utilisés pour le transport dans l'UE à environ 5%.

Un objectif de 0,5 % pour les biocarburants de deuxième génération

Parmi les grands pays de l'UE, la France et l'Espagne notamment étaient montées au créneau contre tout plafond plus restrictif.  La limite adoptée par l'UE sera prise en compte dans la directive sur la qualité des carburants, qui fixe pour l'UE l'objectif de 10% d'énergies renouvelables pour les transports en 2020.

Le compromis avalisé par le Parlement fixe aussi un objectif de 0,5 % à atteindre pour les biocarburants avancés. Les eurodéputés souhaitaient pour leur part porter ce quota, non-contraignant, à 2,5%.

La filière française du bioéthanol, qui s'affirme "leader en Europe avec 32% de la production" et un milliard d'euros d'investissement depuis 10 ans, a "salué le réalisme" des nouvelles règles.

L'ONG Amis de la terre, qui milite notamment contre l'accaparement des surfaces agricoles, s'est félicitée que l'UE, premier utilisateur et importateur de biocarburants au monde en ait "reconnu" les effets pervers.  L'adoption d'une limite pour l'utilisation des agrocarburants "aura un impact majeur" auprès des gros fournisseurs mondiaux, Indonésie, Malaisie et Argentine, a-t-elle estimé.

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Commentaires 5

CLOCHE215

on s'en fout des pbs environnementaux; ce qui compte pour les décideurs c'est le bénéfice pécunier dans le moindre détail d'une soit disante politique. Nous,culs terreux que nous sommes,ils ne nous reste plus qu'à secouer la tete devant toutes les hérésies que l'on essaye de nous faire avaler...

fairytales

logique . peu efficace , prends des terres arables à al production de nourriture.
le probleme c'est que dans ce cas on devrait contrebalancer le futur probleme que ca va poser pour les agriculteurs , en limitant drastiquement les importations de proteines par exemple et favoriser grandement les origines francaises , car environnementalement parlant la logique c'est de produire le plus pres du consommateurs, t

AIGLE201

Depuis la dernière guerre notre agriculture est basée sur la dépendance des protéines importées, des engrais importés, du pétrole; pourquoi voulez vous que les décideurs changent d'avis surtout quand ça touche leur portefeuille.

alain

TOUT A FAIT BENDEL51
merci Mme Corinne Lepage de sacrifier la filière oléagineuse...

bendel51

Je veux bien entendre parler de déforestation pour les biocarburants importés, mais quand je regarde les stocks de blé et de maïs au niveau européen, je ne comprends pas que l'on puisse pas limiter les importations et utiliser nos productions communautaires pour assainir le marché. Ca s'appelle du bon sens et de la flexibilité. Au lieu d'imposer des mesures contre le dumping social ou environnementale sur les marchandises importées, nous préférons nous tirer une balle dans le pied en détruisant des filières vecteurs d'emplois et de développement. Je rappelle seulement que sans les biocarburants de première génération tant critiqués, il n'aurait pas été possible d'envisager ceux de la deuxième génération. Ca s'appelle l'évolution!!!!

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