La Cour des comptes émet des réserves sur les biocarburants

SC avec AFP

La Cour des comptes émet des réserves sur les biocarburants
L'essor des biocarburants a généré 18.000 emplois.

Dans une étude diffusée hier, la Cour des comptes reconnaît les bénéfices des biocarburant mais relève plusieurs "incohérences" de la politique publique d'aide aux biocarburants. Elle estime que leur coût est essentiellement supporté par le consommateur.

La cour des comptes estime nécessaire de clarifier les dispositifs, d'envisager "un soutien plus modéré" à la filière qui a reçu 2,25 milliards d'euros d'aide en 5 ans et de préciser les "objectifs" pour le citoyen "qui a été le financeur de cette politique sans qu'on lui dise". Les consommateurs auraient en effet déboursé entre 2005 et 2010, près de 3 milliards d'euros de plus pour les biocarburants.

"L'automobiliste sait-il que le gazole qu'il utilise dans sa voiture contient très certainement du biodiésel ? Que leur présence réduit le nombre de kilomètres qu'il peut parcourir (...)?", s'est interrogé Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, lors de la présentation du rapport.

La Cour des comptes estime que le bilan agricole est "mitigé quoique légèrement positif"  et que sur le plan énergétique, le bilan n'est pas "aussi favorable qu'on pourrait le croire".

18.000 emplois créés

Elle reconnaît toutefois que les biocarburants ont permis la diversification des débouchés de l'agriculture, ce qui a été salutaire pour la betterave. Elle précise que selon les professionnels cela a généré 18.000 emplois directs et indirects. L'essor des biocarburants a également permis de réduire les importations de soja de la France, grâce aux autres produits issus des biocarburants (principalement les tourteaux de colza destiné à la nourriture du bétail).

Concernant la dépendance énergétique de la France, l'impact des biocarburants reste minime puisqu'ils représentent moins de 5% de la consommation de carburant et leur expansion est, selon le Cour, limitée pour ne pas empiéter davantage sur la surface agricole commune (6% actuellement).

Quant à la pertinence environnementale, elle est « difficile à mesurer et de plus en plus contestée ». Selon la Cour, le prix de la tonne de dioxyde de carbone évitée apparaît aujourd'hui très élevé pour les biocarburants.

 La filière bioéthanol répond aux critiques

Dans un communiqué, les acteurs français de la filière du bioéthanol estiment, contrairement à ce que la Cour des Comptes déclare, que l’objectif de 7% d’incorporation de biocarburants fixé par les pouvoirs publics est tout à fait accessible avec les carburants disponibles sur le marché (SP95-E10 et Superéthanol E85).

A l’inverse de ce qu’affirme la Cour des comptes, la filière fait également remarquer que la réduction fiscale versée par l’Etat aux distributeurs (pour le bioéthanol qu’ils incorporent dans les carburants) est répercutée directement  aux consommateurs et non pas aux producteurs de bioéthanol.

Elle rappelle que l’énergie renouvelable du bioéthanol est plus taxée que l’énergie fossile de l’essence, malgré l’exonération fiscale apparente du bioéthanol. « Si la défiscalisation était supprimée après 2015, comme l’indique la Cour des Comptes, le surplus de taxes payé par les consommateurs augmenterait encore, du fait de l’Etat. » explique le communiqué.

Les producteurs de blé (AGPB) et de betterave (CGB)  rappellent enfin  « qu’aucune énergie renouvelable n’est encore compétitive par rapport aux sources fossiles » et que les biocarburants sont la principale alternative d’origine renouvelable aux carburants fossiles.

<b>Le rapport complet est disponible sur le site internet de la Cour des Comptes.</b>

Publié par SC avec AFP

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Commentaires 1

FURIOUS AGRI

on est malheureusement geré par des gens irresponsables.
comment avoir une vision a long terme lorsque que nos projets viables hier ne le sont plus aujhourdhui?Je te donne mais surtout je te reprend beaucoup plus .Il faut aussi signaler que l ethanol que l on met dans l essence la rendus beaucoup moins stable dans le temps ce qui est le cas avec le GNR .pour finir sans ecrire un bouquin vive la connerie

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