La filière céréalière francilienne s’inquiète du faible niveau des cours du blé

SC

La filière céréalière francilienne s’inquiète du faible niveau des cours du blé

Loin des sommets de 2010 ou 2012, les cours du blé se sont retrouvés au plus bas mi-septembre, couvrant tout juste le cout de production des céréaliers, selon un communiqué de la Chambre d’agriculture de l’Ile de France qui fait part de l’inquiétude de la filière céréalière francilienne.

Malgré un rendement moyen de 8.5 tonnes par hectare, jamais atteint jusque-là en Ile-France,  le produit obtenu par les céréaliers  en blé permettra tout juste de couvrir les charges, estime la Chambre interdépartementale d’agriculture dans un communiqué. 

Selon Arvalis, Institut technique du végétal, les charges en blé sont estimées à 1.500€ par hectare. Elles couvrent les intrants, la mécanisation, les frais de personnel dont les cotisations sociales de l’exploitant, le fermage et autres charges fixes.

Le cours du blé est de 160 €/t ce jour (Rendu Rouen) mais le 18 septembre il valait 149,25 €/t. Un prix qui résulte de la forte concurrence que continue d’exercer la mer Noire (dont les récoltes ont été revues en hausse et les prix en baisse), mais aussi d’un bilan européen et mondial qui s’annonce lourd en blé.

Un bilan européen lourd

«Avec une récolte de blé européenne qui atteint presque le niveau de 2014 (147,5 Mt contre 149,3 Mt), des stocks de blé en hausse au début juillet 2015 (par rapport à 2014) et des exportations plus basses, le bilan européen de blé s’annonce plutôt lourd », confirme Tallage dans son analyse du 18 septembre.

Si le blé tendre occupe 40% de la sole cultivée en Ile de France, les autres céréales et oléoprotéagineux suivent une baisse équivalente de leurs prix. Par ailleurs, les résultats des cultures d’été  (maïs, betteraves) sont  impactés par la sécheresse estivale.

La Chambre interdépartementale d’agriculture, la FDSEA et JA Ile-de-France font donc part de leur  inquiétude quant à « la pérennité des exploitations de grandes cultures, qui valorisent aujourd’hui 82% de la surface agricole utile francilienne ». 

« Tout comme pour le porc ou le lait, l’absence de prix plancher et l’excès normatif et règlementaire créent un climat d’incertitude économique pour les exploitations de grandes cultures, défavorable à l’installation de jeunes agriculteurs » estiment-ils. Les aides PAC en diminution pour 2015 et à l’avenir, ne contribuent pas à la sérénité des exploitants agricoles, selon eux.

blé meunier

Source : AGRITEL, Service Expert Grandes Cultures de Pleinchamp

 

Publié par SC

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Commentaires 15

gilm

Parmi les seuls métiers dont le vendeur ne fait pas sa facture de vente.
Effectivement, nous devons nous interroger sur les marges de notre premier acheteur.
Je constate que la base (écart physique-marché) ne cesse de croître.
A la décharge des coop et négoce; le coût des mises aux normes des installations, le coût des normes isomachin pèsent, pour quelle utilité finale?
le prix du blé 2015 est inférieur au prix du blé 1980.
Quant à l'indice du fermage c'est plus 62% en 35 ans. Mais le petit propriétaire attend le règlement de sa location.
Dans les communes le taux sur les propriétés non bâties ne cesse de croître et pourtant les communes ne font plus rien pour les chemins...
A force de dire, les paysans sont faciles...
la société minée par ceux qui ne font pas leur part spolie le gain de productivité de l'agriculture.
on crache, on maudit l'agriculture moderne.
Sans prise de conscience que les coûts de production sont laminés par des taxes, règlements, hausses appro; nous courrons à la jacquerie.
Avec un blé à 16 €/ql, il y a 0.05€ de blé dans une baguette de 250 grammes 'rendement farine 80 pour 100)soit 5% du prix d'une baguette à 1€.
N'y a t il de la place dans le prix du pain pour que le blé soit payé à son juste prix?
l'heure devient grave car même l'économie d'échelle par le gain de surfaces ne fonctionne plus et les banques commencent à s'inquiéter des capitaux engagés sur la tête d'un même bonhomme

grigri

la guerre éleveur céréalier encore et tourjours présente ca fait vraiment pitié...

TINO1801

Diviser pour mieux régner...

fix1230

Vraiment, la polémique éleveurs céréaliers est imbécile.
Même si cela déplait à quelques uns, mais la hausse des charges et les baisses importants des dpu font que les prix des céréales sont inférieurs au coût de production.
ça devient délicat pour toutes les productions.
Personne se rejoint du malheur des autres.
J'aimerai tellement que tout le monde arrive à vivre de son métier.
la vérité est que maintenant la majorité des aides va à l'élevage et l'argument céréalier engraissé par les aides est un argument faux et anachronique.

eleveur

sans éleveurs pas de matière organique pour ces céréaliers et pas de céréaliers pas d'élevage.
tout çà pour dire que entre nous deux il y bien quelqu'un qui se gave aller voir les coop que des résultat positif bizarre non

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