La filière céréalière ne compte pas pour des prunes

Nicole Ouvrard - Réussir Grandes Cultures Avril 2013

La filière céréalière ne compte pas pour des prunes
Chaque fiche permet de mesurer l’importance de la filière céréalière au niveau régional, notamment en termes d’emplois. © N. Ouvrard

Un vaste travail de chiffrage de l’économie céréalière a été effectué dans les régions de la métropole. Il sert désormais de support de promotion auprès des décideurs locaux.

La filière céréalière française en chiffres

. 500 000 emplois, dont 180 000 autour de la production ; 20 000 sur l’amont (agrofourniture, agro-équipement) ; 50 000 pour la collecte-appro et les services aux agriculteurs, 50 000 pour la transformation du grain et chez les fabricants d’aliments et enfin 200 000 dans les boulangeries-patisseries artisanales et industrielles.
. 150 000 entreprises dont 110 000 exploitations céréalières, 37 000 boulangeries-patisseries artisanales, 360 meuneries et 300 brasseries.
. Un chiffre d’affaires de 70 milliards d’euros de la production jusqu’à la vente de produits transformés issus de céréales.
. Une valeur ajoutée de 17 milliards d’euros.
Pour tout savoir sur la filière céréalière en région : www.passioncereales.fr/region

Incontestablement, l’activité céréalière est l’un des fleurons de l’agriculture française. Mais que représente-t-elle vraiment dans les territoires en termes économiques ? C’est à cette question que l’office FranceAgriMer, la structure de communication Passion Céréales et l’interprofession Intercéréales ont voulu répondre, en engageant depuis 2011 un vaste travail de diagnostic. Celui-ci s’est traduit par la publication de plaquettes sur l’économie de la filière céréalière déclinées au niveau régional, qui servent de support de promotion.
On y apprend par exemple que le Centre, première région française de production de blé tendre, produit à elle seule 13 % de la collecte française dont 44 % est exporté ; que 23 000 salariés sont employés par la filière céréalière en Aquitaine, et 32 000 en Ile-de-France, soit les deux tiers de l’emploi dans l’industrie automobile de la région ; que la moitié des surfaces agricoles sont consacrées aux céréales en Champagne-Ardennes ; que la Lorraine détient 1 200 boulangeries artisanales, ou encore que la filière céréalière picarde génère un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros.

Les cartes des acteurs sur Internet

Ce travail a été réalisé en s’appuyant sur les comités régionaux Céréales de FranceAgriMer regroupant la production, la collecte et la transformation ainsi que le réseau d’agriculteurs de Passion Céréales. « Nous avons commencé par réaliser un diagnostic sur les forces et les faiblesses de la filière, son historique, les données économiques et environnementales, explique Olivia Ruch de Passion Céréales. Puis un recensement de toutes les entreprises a été effectué. » Vous pouvez ainsi découvrir sur internet le nombre de collecteurs, de moulins, de biscuiteries ou même d’usines de gâteaux apéritifs que comptent votre région.
« La démarche a été très intéressante car elle a permis de réunir tous ceux qui contribuent à la filière céréalière : producteurs, collecteurs, meuniers, malteurs, fabricants d’aliments, boulangers…, souligne Jean-François Isambert, président du comité régional Céréales en Ile-de-France. Nous pouvons désormais nous appuyer sur des informations fiables et validées par tous, afin de construire un argumentaire solide pour pouvoir engager un dialogue avec les citoyens et les ONG. Ces données ont engendré une réelle prise de conscience du rôle économique de la filière dans la région. »

Des débats avec les leaders d’opinion

Chaque comité régional a ensuite décidé de sa propre stratégie de communication. « Sur les vingt comités régionaux, douze ont fait le choix d’axer leur communication sur l’alimentation et huit sur le rôle socio-économique de la filière sur le territoire », poursuit Olivia Ruch. Ces derniers ont organisé des débats ayant pour but de faire découvrir à un public de leaders d’opinion, comme des chefs d’entreprises ou des élus locaux, l’existence même de la filière et ce qu’elle représente en termes de poids économique. « Aux côtés des professionnels et des élus, nous avons voulu faire intervenir des experts n’émanant pas du monde agricole, comme des sociologues, des économistes ou des politologues, poursuit-elle. Ces débats ont eu lieu dans des universités ou des hémicycles du Conseil régional, et nous avons voulu associer la presse quotidienne régionale. »

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© C. Maître/Inra

La semaine des céréales

Les douze autres régions ont organisé une opération intitulée « graines d’aventurier » autour de la semaine des céréales dans les cantines des écoles primaires. Un kit d’animation avec posters, jeux, affiches, leur a été mis à disposition pour montrer toutes les facettes des céréales : le patrimoine, les paysages, l’équilibre alimentaire, la convivialité. « Cela a très bien fonctionné puisque 150 000 enfants y ont participé fin 2012 dans 1400 cantines », se réjouit Olivia Ruch. Dans la région Languedoc-Roussillon, Jean-François Gleize, président du comité régional mais aussi de Passion Céréales, a voulu aller plus loin. « Nous avons monté une opération avec la municipalité de Castelnaudary pour organiser un mini salon de l’agriculture dans la halle aux grains de la ville, explique-t-il. Tous les enfants des écoles sont venus réaliser un parcours pédagogique autour de la filière blé-pain-pâtes et écouter des céréaliers parler de leur métier. » Pour lui, l’organisation de tels événements permet de faire passer des messages auprès des politiques, à condition de poursuivre ce travail de communication dans la durée. Mais il y a un prix à payer : ces opérations de promotion nécessitent un budget de 50 000 euros par région et par an, financé par FranceAgriMer et Intercéréales.

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Commentaires 1

emploi

combien d'emplois à l'hectare pour comparer avec le nombre d'emplois dans d'autres filières lorsqu'il y a expropriation de terres agricoles.
je pense surtout aux zones de logistique dans les champs , souvent au sortie d'autoroute
au milieu de nulle part
Ne voit-on pas des zones industrielles vides qui pourraient etre reconsiderer afin d'éviter ce gachis de terres agricoles
Comment pourrons nous nourrir les hommes dans les années à venir

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