La Malaisie en campagne pour l’huile de palme

Gabriel Omnès - Réussir Grandes Cultures Octobre 2012

La Malaisie en campagne  pour l’huile de palme
Bernard Dompok, ministre malaisien des Plantations et des Matières premières. « La hausse de la production malaise repose uniquement sur des gains de productivité et non sur la déforestation. » © G. Omnès

Redorer l’image de l’huile de palme : tel était l’objectif des dirigeants du Malaysian Palm Oil Council (MPOC) venus porter la bonne parole en France au mois de septembre, avec le concours de Bernard Dompok, ministre malaisien des Plantations et des Matières premières, en VRP de choix. En Malaisie, l’huile de palme est en effet une affaire d’État : le pays en produit 18 millions de tonnes (Mt) sur les 50 Mt fabriquées dans le monde. Après avoir rencontré le ministre français de l’Agriculture et un panel d’industriels et de distributeurs, l’équipe a plaidé le cas de l’huile de palme lors d’une conférence de presse tenue dans un luxueux hôtel parisien.

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Yusof Basiron, directeur du Malaysian Palm Oil Council. « L’huile de palme est la meilleure huile alimentaire. » Ni plus, ni moins. © G. Omnès

Faible part de marché en France

L’huile de palme couvre 30 % de la consommation de la planète en huiles et corps gras mais peine à se développer en France, avec seulement 8 % de parts de marché. En Europe, elle est la cible de campagnes de communication d’ONG l’associant à la destruction de la forêt primaire (et des orangs-outangs) en Asie. Ces campagnes ont poussé de grandes marques à retirer l’huile de palme dans leurs produits, tel que Findus ou Casino.
« La forêt couvre 56 % du territoire malaisien, et l’État s’est engagé à ne pas descendre en dessous de 50 %, a expliqué Bernard Dompok. Cela fait plusieurs années que la hausse de la production repose uniquement sur l’augmentation de la productivité et non sur de nouvelles plantations. Nous portons notre effort sur la formation des petits producteurs qui représentent 40 % des volumes et nous espérons doubler, voire tripler, la productivité moyenne qui est actuellement de
4 tonnes d’huile par hectare et par an. » Le ministre s’est aussi déclaré favorable au développement des entreprises malaisiennes à l’étranger pour y implanter des palmiers, notamment en Afrique, tout en soulignant que ces stratégies d’entreprises privées n’impliquaient pas l’État. Quant à ses aspects nutritionnels très contestés, « l’huile de palme est la meilleure huile alimentaire », a tout simplement affirmé Yusof Basiron, directeur du MPOC. « Par sa constitution solide, elle évite l’apport d’acide gras trans, très mauvais pour la santé, et elle est aussi bonne que l’huile d’olive pour le cholestérol, tout en étant dix fois moins chère », a-t-il assuré.
  

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