La production mondiale de blé dur stagne

Gabriel Omnès - Réussir Grandes Cultures Mars 2013

La production mondiale de blé dur stagne
En France, la filière blé dur cherche à accroître sa compétitivité au champ et sur la scène internationale. © G. Omnès

Avec une production mondiale de blé dur comprise entre 35 et 36 millions de tonnes (Mt), la récolte 2012 prolonge la tendance à la stagnation, voire au repli, observable depuis quatre ans. Bien que la consommation s’érode elle aussi, « la campagne 2013-2014 débutera avec des stocks mondiaux de blé dur extrêmement bas », souligne Crystel L’Herbier, d’Arvalis. Et les choses ne devraient pas s’arranger avec la moisson 2013. Outre des conditions climatiques plus ou moins heureuses au moment des semis, le blé dur souffre à l’échelle mondiale d’une prime réduite vis-à-vis du blé tendre, qui amène les producteurs à pencher pour ce dernier.
Aux États-Unis, la production devrait être très moyenne, à environ 2 Mt, en raison de la baisse des surfaces de blé dur d’hiver en Arizona et en Californie, renforcée par celle annoncée en blé dur de printemps dans le Dakota. « On peut se demander si le blé dur est menacé aux États-Unis, affirme Michel Ferret, de FranceAgriMer. D’une part la consommation de pâtes baisse et l’on assiste à des incorporations de blé tendre, d’autre part le soja et le maïs mordent de plus en plus sur ses surfaces dans le Dakota du Nord, un État clé pour cette culture. » L’année 2013 ne sera pas non plus un grand millésime au Canada, où la contraction des surfaces laisse présager d’une récolte comprise entre 4 et 4,6 Mt.
En France, la sole de blé dur récoltée cette année sera inférieure à 400 000 hectares, en repli d’environ 10 % par rapport à l’an passé. Compte tenu de la grande hétérogénéité de l’état des cultures d’une région à l’autre, Arvalis estime que la production hexagonale ne dépassera pas 2 Mt.
Si certaines grandes nations du blé dur perdent de leur superbe, d’autres montent en puissance. « Avec une nette hausse de sa production depuis 2005, le Mexique est devenu un acteur significatif, notamment à l’export, à tel point qu’il vient nous chatouiller sur le Maghreb », explique Michel Ferret.
À moyen terme, et malgré les difficultés de commercialisation actuelles engendrées par la qualité médiocre du millésime 2012, tout n’est pas sombre pour le blé dur français : le Maroc a redécouvert l’origine France et la construction d’un moulin en Côte d’Ivoire en 2009 se traduit par une augmentation des exportations vers ce pays.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier