La Russie abaisse sa prévision de récolte 2012 à 75 Mt

La récolte de blé s'établirait à 43MT

La Russie a abaissé sa prévision de récolte de céréales pour 2012 à 75 millions de tonnes, contre 80 millions de tonnes auparavant, a indiqué le ministre russe de l'Agriculture Nikolaï Fedorov, à la télévision russe.

De nombreuses régions agricoles dans le sud du pays ont été touchées cette année par la sécheresse, ainsi que par le gel qui a sévi l'hiver dernier. De ce fait, le ministère de l'Agriculture russe table aujourd'hui sur une récolte de 75 millions de tonnes au lieu des 80 estimés précédemment. En 2011, la Russie avait récolté environ 92 millions de tonnes de céréales. "Pour l'instant, la tendance n'est pas très favorable", a-t-il reconnu .  Mais "ce n'est pas du tout un chiffre qui nous fait peur", a-t-il ajouté, expliquant que la récolte en 2010 - année où le pays avait été touché par une sécheresse et une canicule sans précédent - avait été "d'environ 60 millions de tonnes".

Les marchés mondiaux s'attendent depuis longtemps à un abaissement des prévisions par la Russie et craignent que le pays, devenu depuis quelques années un des principaux exportateurs de grains, ne limite ses exportations en cas de mauvaise récolte, des inquiétudes qui contribuent à maintenir les prix des céréales à des niveaux élevés.

Concernant la récolte de blé seule, le département américain de l'Agriculture (USDA), avait abaissé le 10 août une nouvelle fois ses pronostics pour la campagne 2012/2013 en Russie, tablant sur 43 millions de tonnes (- 6 millions de tonnes par rapport à la précédente estimation). Le ministre russe de l'Agriculture a toutefois voulu se montrer rassurant, expliquant qu'en plus de cette récolte, la Russie disposait notamment de 17 millions de tonnes de céréales dans ses réserves.

"En tenant compte du fait que la consommation domestique de céréales (...) s'établit à environ 70 millions de tonnes, nous constatons avec assurance que nous avons un potentiel d'exportation, en particulier de blé", a-t-il dit.  Interrogé sur l'éventualité d'un embargo, il a indiqué que le ministère était "catégoriquement contre des mesures qui limiteraient et détruiraient le marché mondial", jugeant que ce type d'initiatives avait un "effet boomerang en faisant grimper les prix pour les consommateurs". En 2010, la Russie avait imposé un embargo sur ses exportations de céréales, espérant que cette mesure contiendrait l'envolée des prix dans le pays. Mais cette mesure avait provoqué une flambée des cours mondiaux du blé. Moscou a levé cet embargo le 1er juillet 2011.

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