Le gouvernement égyptien modifie les subventions alimentaires en vue d’en réduire le budget

CA SA

Le gouvernement égyptien modifie les subventions alimentaires en vue d’en réduire le budget

La réforme des subventions alimentaires établie au printemps 2014 s’est déployée progressivement dans le pays. Le pain, qui représente environ les 2/3 des 3,6 milliards d’euros de subventions alimentaires, sera octroyé individuellement aux porteurs d’une carte à puce, à raison de 150 pains par mois. Le gouvernement a également diversifié les autres produits subventionnés, qui se limitaient au riz, au sucre et à l’huile jusqu’alors. Parallèlement, il a réduit le budget des subventions de 13 % pour l’année 2015/16. Les subventions aux produits énergétiques subissent également des coupes, en particulier une suppression pour le gaz naturel.

Le gouvernement égyptien modifie les subventions alimentaires en vue d’en réduire le budget

Commentaire

Le pain est l’aliment de base des Egyptiens, dont 26 % sont actuellement sous le seuil de pauvreté. Le prix du pain est un élément fondamental sur le plan politique en Egypte. Il a provoqué des émeutes très sévères en 1977, et a depuis contribué à la révolution comme dans d’autres pays arabes. 

L’Egypte est le premier importateur mondial de blé, couvrant à peine la moitié de ses besoins qui représentent 19 Mt. Elle s’approvisionne surtout auprès des pays de la Mer Noire, notamment de la Russie. Le pays vise par ailleurs à atteindre 75 % d’autosuffisance en blé d’ici 2017, en réduisant les pertes et en améliorant les rendements d’autres cultures, dégageant ainsi des surfaces supplémentaires. 

Le nouveau système doit limiter les volumes subventionnés, et aussi empêcher les commerçants de revendre frauduleusement de la farine subventionnée. 

Pour l’instant, la réforme du pain subventionné facilite l’approvisionnement grâce à la carte, mais suscite l’insatisfaction de la part des gens qui n’en disposent pas (notamment parmi les plus pauvres : 4 millions d’Egyptiens vivent avec moins de 1,25 USD par jour) et parce que la quantité individuelle n’est pas suffisante pour certains. 

La modification des subventions aux autres produits aboutit à une baisse de l’aide et ouvre la voie à de nouveaux produits (viandes...) plus chers qui n’amélioreront pas forcément la situation des pauvres. 

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Alors que le déficit budgétaire dépasse les 12 % du PIB, cette réforme permettrait de le ramener aux alentours de 10 % du PIB en 2014. La baisse des subventions s’est immédiatement traduite par une forte hausse des prix de l’énergie et de l’inflation en général. Cette dernière est passée de 8,2 % en juin à 11,04 % en juillet et l’économie s’est alors contractée (l’indice PMI indiquait alors 49 points). 

La hausse des coûts de l’énergie a aussi eu un impact initialement sous-estimé par les autorités sur les prix alimentaires, notamment du fait du transport ; ces derniers sont en hausse de 12,4 % en juillet d'une année sur l'autre (dont 2,7 pts uniquement en juillet). On peut se demander si cette hausse des prix alimentaires plus forte que prévue n’impactera pas la décision de réduire les subventions sur l’alimentaire, ou le calendrier .

Source La note de conjoncture Agriculture et Agroalimentaire - Septembre 2014

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