Le sucre : entre tendance baissière et yoyo…

Pierre-Yves LELONG

Le sucre : entre tendance baissière et yoyo…

De nombreux facteurs font réagir les cours du sucre à la hausse ou à la baisse sur les marchés à terme ou sur les marchés physiques. Ils sont influencés par l’évolution des parités monétaires, par les marchés financiers, par les cours du pétrole, par les niveaux de production…

Le sucre : entre tendance baissière et yoyo…

Une quatrième campagne excédentaire…

Les premières estimations de la production mondiale de sucre 2013/2014 prévoient une quatrième campagne excédentaire, avec une
modeste diminution de 1,7 Mt à 181,2 Mt par rapport à la campagne 2012/2013. Ce chiffre reste néanmoins la deuxième plus grosse production jamais enregistrée. La production de sucre de betterave se réduira de 3,2 Mt à 34,6 Mt, contre 37,8Mt en 2012/13. La baisse de la production touchera principalement l’Europe, l’Amérique du Nord et la Chine. La production de sucre de canne est estimée à un niveau record pour la quatrième année consécutive à 146,6 Mt (+1,5Mt). Les hausses de production en Asie (+1,9 Mt) et en Afrique (+1Mt) font plus que compenser les réductions prévues en Amérique du Nord, en Amérique centrale, en Amérique du sud et en Océanie.

L’Inde a relevé son estimation de production pour 2013/14 à 25 Mt, valeur blanc car les pluies de la mousson ont amélioré les rendements de la canne restée sur pied, laquelle devrait être présente à l’export sur cette campagne. Elle est suivie dans la progression par le Pakistan et la Thaïlande. Pour le Brésil, les estimations de production sont révisées à la baisse pour 2013, mais le seuil des 41 millions de tonnes serait dépassé. Seule la production de sucre de betterave pourrait reculer, en raison de la baisse des surfaces (Russie, Ukraine) et des rendements dans l’UE.

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Un rebond sur les marchés à terme, suivi d’une baisse ...

L’évolution des cours mondiaux est largement influencée par des facteurs monétaires. La forte baisse du dollar aurait tendance à faire progresser les cours du sucre, attirant les financiers qui amplifient le phénomène.

Pour que cette pression à la hausse se concrétise, il faudrait que la balance mondiale sucrière soit nettement déficitaire en 2013/2014 ; mais les perspectives mondiales misent sur un excédent en 2013/2014, certes plus réduit qu’en 2012/2013. Le niveau du ratio stocks
/ consommations (45%) serait alors proche de celui des années 2000, années fortement excédentaires. Les cotations mondiales du sucre sur les marchés à terme de Londres et de New-York ont récemment cédé du terrain après les fortes hausses précédentes, sans
relation forte avec les perspectives de la balance mondiale en 2013/2014. Les prix ont ainsi atteint « un plus bas » depuis trois ans.

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Union Européenne : un recul de la production

L’approvisionnement du marché intérieur a été sécurisé par un stock en forte hausse en début de campagne. Il ne nécessite pas de
mesures exceptionnelles d’importation. Les mesures adoptées en 2012/2013 ont conduit à une forte hausse du stock de sucre du quota au 30 septembre 2013. Il doit atteindre 2,3 Mt au 30 septembre 2013. La campagne 2013/2014 débutera ainsi dans un contexte sécurisé d’approvisionnement du marché, d’autant que les importations devraient également progresser de 0,2 Mt, à la faveur de la mise en oeuvre des accords de libre-échange avec les pays du pacte andin (Pérou, Colombie) et d’Amérique Centrale. Le recul de la production communautaire de sucre (autour de 16 Mt contre 17,2 Mt en 2012) conduira à des disponibilités en sucre hors quota moins importantes, sans compromettre pour autant les besoins d’approvisionnement des industries chimiques et des distilleries et la possibilité
d’exporter.

France : une récolte betteravière en retrait par rapport à celle de 2012

La richesse en sucre des betteraves s’est améliorée ces dernières semaines. Cela ne sera pas pour autant suffisant pour compenser la baisse de rendement induite par les conditions climatiques défavorables du printemps. Avec un rendement moyen estimé à 82t /ha (+/- 2t/ha), la récolte betteravière devrait atteindre 32 Mt, soit une baisse assez réduite par rapport à 2012 (33 Mt). Avec un stock du quota également en forte hausse en début de campagne 2013/2014, les disponibilités en sucre du quota seront donc largement suffisantes pour contribuer à l’approvisionnement du marché communautaire à hauteur de 1,7 Mt, en sus du marché intérieur français.

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Les prix européens sont restés fermes

Concernant le sucre du quota, les prix de la campagne 2012-2013 sont restés fermes, supérieurs à 700 €/tonne départ usine sur le marché français et européen. Le marché européen demeure protégé des importations grâce aux droits de douanes de l’ordre de 450 €/t de sucre, et par une gestion des importations par la Commission ; ceci explique les écarts de prix constatés sur le marché mondial et le marché intérieur.

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