Les AOP laitières veulent maîtriser leur développement

Costie Pruilh - Réussir Lait Novembre 2012

Les AOP laitières veulent maîtriser leur développement
Les AOP fromagères espèrent que les « plans de campagne » du comté et du beaufort recevront un accueil favorable à Bruxelles. D’autres AOP attendent avant de finaliser leur plan. © Studio Herwey

La production laitière des AOP augmente, sans lien avec l’évolution des marchés AOP. Pour préparer l’après quota et éviter le déséquilibre des filières AOP, celles-ci s’emparent du Paquet lait.

Bien valorisées, les filières AOP attirent et stimulent les producteurs. Avec les hausses européennes de quota et les redistributions de bassin, la production de lait augmente. C’est le cas dans la filière chaource, qui accueillait l’assemblée générale du Cnaol (Conseil national des appellations d’origine laitières) en septembre dernier. « La production laitière augmente plus vite que la commercialisation de fromages. C’est déjà un vrai souci alors qu’il y a encore les quotas ! »
Le Paquet lait donne aux AOP/IGP des outils pour encadrer l’offre : la possibilité pour les AOP et IGP de réguler collectivement l’offre de fromages, et la possibilité de constituer des organisations de producteurs (OP) et des associations d’OP (AssOP) pour négocier des contrats d’approvisionnement en lait. Reste à les mettre en musique.

Les mesures des « plans de campagne » passent devant la Commission

L’objectif des plans de campagne, ou plans de gestion, est de mettre en adéquation l’offre et la demande en fromage, pour assurer une croissance harmonieuse des AOP. L’organisme (interprofession, ODG, OP) qui met en place un plan de gestion doit respecter certaines règles, comme : le plan doit contribuer à maintenir la qualité du produit concerné ; il ne doit pas entraver l’entrée de nouveaux producteurs dans la filière ; il ne doit pas organiser de pénurie pour faire monter les prix ; il ne doit pas autoriser la fixation de prix, etc. « L’Etat membre vérifie le contenu et décide de publier ou non les mesures contraignantes du plan de gestion. Il les notifie à la Commission européenne. Et il est responsable du contrôle du respect des règles », précise Brigitte Misonne, de la DG agri, de la Commission européenne.
Le comté et le beaufort, forts d’une longue expérience (la France a autorisé la régulation de la croissance des volumes de fromages pour les pâtes pressées cuites, après des crises de surproduction), ont ouvert le bal de la validation des mesures contraignantes. Les autres AOP fromagères attendent fébrilement l’issue de cette épreuve, avant d’achever la construction de leur propre plan.

L’impossibilité de réguler les volumes de lait inquiète

Pour contenir la hausse de la production laitière, les AOP peuvent jouer sur le renforcement des contraintes de leur cahier des charges ; un travail déjà accompli par  certaines. Mais cela ne suffira pas.
Les AOP pointent le problème de l’absence de lien entre régulation des volumes de fromages et régulation des volumes de lait. En Franche-Comté par exemple, « le risque est un report des excédents sur le morbier, le développement de produits d’imitation avec les laits d’excédent, une atteinte à l’image et une perte de crédibilité, une perte de valorisation pour toute une région… Et c’est déjà une réalité ! », souligne l’Urfac (Union régionale des fromages d’appellation d’origine comtois). Le Paquet lait donne un outil permettant d’encadrer les volumes de lait : la contractualisation négociée avec des organisations des producteurs (OP) et des associations d’OP (AssOP).

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