Les céréales résistent au froid

Les céréales résistent au froid

« Les céréales cultivées en France sont adaptées à des températures hivernales de -5°C à -15°C sous abri selon les stades, et les dégâts sont rares » affirme Arvalis-Institut du végétal qui met en garde contre «des conclusions hâtives sur d’éventuels dégâts».

«Ce qui est inhabituel cet hiver, c’est le développement avancé des plantes (jusqu’au stade « épi à 1 cm » dans certaines situations) qui rend les cultures plus exposées à la vague de gel que nous connaissons », expliquent les spécialistes d’Arvalis dans un communiqué qui se veut rassurant. L’Institut technique affirme en effet que même si «les effets délétères du froid étaient avérés, la faculté des céréales à taller devrait limiter les éventuels dégâts».

Le froid progressif moins dommageable

Parmi les points positifs, Arvalis cite l’installation progressive du froid sur quelques jours qui a laissé un peu de temps aux plantes pour s’adapter. Le faible engorgement en eau des sols devrait également  limiter les effets mécaniques du gel. Enfin, les minimales annoncées seraient de l’ordre de -10 à -15°C (localement -20°C), valeurs qui restent généralement acceptables pour des céréales d’hiver, surtout qu’une protection neigeuse s’est mise en place sur une partie du territoire.

Des inquiétudes peuvent toutefois persister dans les zones où le froid sera le plus intense et  pour les espèces les  plus sensibles au froid : avoines d’hiver, orges de printemps semées en automne et blés durs. Ensuite viennent les orges d’hiver et les blés alternatifs. « Les espèces les moins à risque sont le blé tendre d’hiver, le triticale et le seigle, sous réserve que le stade « épi 1cm » ne soit pas atteint », précise Arvalis.

Passé ce stade, l’épi s’élève au-dessus de la surface du sol, ce qui le rend plus vulnérable à une chute brutale et ponctuelle de la température. « On considère généralement à partir de ce stade le seuil de -4°C sous abri (environ -7°C en plaine) comme un seuil d’alerte, et non un seuil de dégâts systématiques ».

Les céréales ont de fortes capacités de compensation

«La destruction d’une partie des plantes ou des maitres-brins ne condamne évidemment pas la culture » assure toutefois l’Institut, car les céréales ont de fortes capacités de compensation, à travers le « tallage, la fertilité épi et le PMG (Poids Moyen des Grains. Ndlr) ». Une perte de plantes n’est préjudiciable que si elle dépasse 20 à 40% selon les milieux. De même, le gel du maitre-brin va provoquer une croissance accrue des talles de la plante, qui compenseront partiellement la disparition des tiges principales. Par ailleurs, les racines de la culture survivent à de tels scénarii de froid : les tiges qui se maintiendront bénéficieront donc d’un système racinaire déjà développé, ce qui accroît la capacité de la culture à se rétablir en début de printemps.

« La seule attitude consiste à attendre pour préciser le diagnostic » précise Arvalis qui propose une méthode de diagnostic sur son site : www.arvalis-infos.fr. Il faut bien sûr reporter toutes les interventions (fertilisation, traitements). Si un resemis s’impose, il sera nécessaire de s’orienter vers des variétés alternatives ou de printemps.

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Source D'après Arvalis - Institut du Végétal

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