Les céréaliers dénoncent une volonté de «dé-produire»

SC avec AFP

(DR)

A l’occasion de leur congrès qui se tenait à Dijon les 18 et 19 janvier, les producteurs français de céréales et d’oléoprotéagineux réaffirment leur volonté de produire plus pour, selon eux, « répondre aux besoins du monde de demain ».

Les céréaliers affiliés à Orama*, estiment qu’il faut  « produire plus partout, c’est-à-dire autant en France et en Europe que dans les pays émergents et en développement ».  Ils dénoncent vigoureusement l’état d’esprit qui, selon eux, « se répand sournoisement aujourd’hui dans les milieux de la décision publique, selon lesquels pour produire bien, il faudrait produire moins ».

« Produire plus et bien, c’est prioritaire et c’est la seule voie satisfaisante pour l’économie des exploitations, pour l’économie générale, pour l’environnement et au regard des responsabilités de la France et de l’Europe en tant que fournisseurs mondiaux de denrées agricoles de base », a déclaré Philippe PINTA, président d’ORAMA.

Les producteurs de grains se plaignent notamment de ne pas avoir accès  «aux moyens de production et innovations grâce auxquels ils peuvent être performants «. C’est le cas notamment pour les biotechnologies et les  plantes transgéniques.

En conséquence, ORAMA appelle les Pouvoirs publics « à fonder avant tout leurs comportements et décisions en matière environnementale sur l’expertise et sur une concertation sincère avec les agriculteurs ».

 

Bruno Le Maire réaffirme son opposition aux Mon810

De son côté, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a réaffirmé son opposition à la culture de maïs génétiquement modifié en France. "Comme le maïs Monsanto 810 n'apporte pas toutes les garanties environnementales nécessaires, l'interdiction de sa culture sur le territoire français est maintenue", a déclaré le ministre lors d'un point presse à l'issue du congrès. Le ministre a réaffirmé que le gouvernement travaillait à une solution permettant l'interdiction en pratique de la culture du Monsanto 810.

M. Le Maire qui n'est pas revenu sur cette question devant les céréaliers, particulièrement remontés sur toutes les questions environnementales, a en revanche annoncé qu'il se pliait à l'avis du Haut Conseil des biotechnologies (HCB) en matière de coexistence de plantes OGM et non OGM. "Je dis ici haut et fort que ma position en matière de coexistence sera une position à 0,9% parce que les scientifiques nous disent que 0,9% est raisonnable", a-t-il déclaré.

La législation française avait fixé en 2008 deux seuils de taux de contamination aux transgènes : 0,1% pour les filières d'agriculture sans OGM, y compris le bio, et 0,9%, seuil fixé par l'Union européenne depuis 2003 et au-delà duquel le produit doit être étiqueté "contient des OGM".

* ORAMA fédère 3 Associations spécialisées de la FNSEA : L'association Générale des Producteurs de Blé(AGPB), 
celle des producteurs de maïs (AGPM) et la Fédération des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP). 
Soit 325.000 exploitations qui mettent en valeur 14 millions d'hectares.

Et vous les OGM, qu'en pensez-vous ? : Réagissez sur le forum !

Sur le même sujet

Commentaires 17

tutu

à gigi
tu as raison au sujet des marchands de poudre de perlimpimpin, j'ai rencontré des représentants de plus de 40 sociétés proposant des solutions alternatives diverses, j'en ai essayé vraiment beaucoup et actuellement je ne travaille qu'avec 4 d'entre eux.
Le problème avec les produits naturels est que personne n'apporte une solution globale, beaucoup sont convaincus que leur produit est "miracle" mais le plus souvent ce n'est qu'un outil parmi beaucoup d'autres, et c'est vrai que ces vendeurs de produit unique "miracle" font plus de mal que de bien à la légitimité d'une agriculture sans chimie de synthèse.
L'autre problème que je ressens également est "la peur d'être copié": comme les produits naturels ne sont pas brevetables comme une molécule chimique, beaucoup de fabricants restent très opaques sur les compositions et modes d'actions de leurs produits pour ne pas être copiés, ce qui est très pénalisant quand on veut comprendre et bien utiliser ces produits.

Au sujet des huiles essentielles, je suis d'accord avec toi Gigi, elles peuvent être dangereuses, d'ailleurs dans une "agriculture idéale", je ne les utiliserais pas. Par contre elles ont été la première étape, avec l'iso-thérapie et du gluconate de cuivre (cuivre organique), qui m'ont permis de me passer de fongicides et insecticides de synthèse.

Pour moi les 2 grandes différences entre un "principe actif de synthèse à une dose connue" comme tu le dis et des substances naturelles, sont:
_ que la vie microbienne peut dégrader facilement des molécules naturelles alors que des molécules de synthèse ont été créé avec des niveaux d'énergie tels qu'aucune vie microbienne naturelle ne peut "casser" ces molécules rapidement. (et malgré ça quand il faut dépolluer la chimie c'est toujours à la vie microbienne naturelle qu'on fait appel: ex des enzymes dans les fosses septiques, dans les stations d'épuration et même dans les phytobacs qui sont mis en place par les firmes phytos elles-mêmes!!!!)
_ et que à chaque fois qu'on fait un traitement chimique on provoque une oxydation au niveau de la plante qui la met dans un état de faiblesse et qui provoque un appel aux autres ravageurs ou champignons pathogènes et après on est rentré dans un circuit d'où il est difficile de sortir...

Pour ceux que ça titille je vous invite vraiment à lire Francis Chaboussou, ancien directeur de recherches de l'INRA qui a écrit un livre à ce sujet.

gigi

les méthodes décrites par tutu, si elles ne sont pas d'avantages dévellopées c'est simplement parce qu'elles sont loin d'avoir démontrées leur éfficacité, quand on leur fait subir le test de l'expérimentation rigoureuse, et certaines sont de la pure charlatanerie. Et prétendre que si elles ne se développent pas, c'est qu'elles ne permettraient pas de faire de l'argent , c'est vraiement de la mauvaise foi. Nous sommes tous régulièrement démarchés par des gens qui veulent nous vendre leurs poudres de perlinpinpin y compris avec l'aide des coops et négociants et certains reussissent plutôt bien!
Cette distinction entre substances naturelles parées de toutes les vertues et artificielles de tous les maux n'a pas de sens. Si une substance est active, c'est qu'elle a un effet positif mais aussi des effets secondaires défavorables, qu'elle soit naturelle ou artificielle( les huiles essentielles sont loin d'être inoffensives).Le débat est le même que pour le médicament. Il vaut mieux utiliser le principe actif seul à une dose connue qu'un extrait de plante qui contient de multiples principes actifs dont certains sont non souhaitables et dont la concentration en principe actif utile est très variable.
Les gens n'ont pas de mémoire, ils veulent toujours réinventer ce qui a été démontré tant de fois.

vitibiodu73

Bonjour,
je n'ai pas trop ma place sur ce forum mais j'aime bien lire toute l'actualité et celle des céréaliers m'intéresse aussi.
En réflexion, suite au commentaire de tutu, je confirme complètement sa vision des choses pour travailler sur la théorie de Chaboussou depuis 15 ans. Déjà, c'est passionnant, ensuite il y a du résultat et on comprend les relations sol/plante. MAIS : personne n'en parle, il faut aller à la pêche aux infos en fouillant loin parce que ça rapporte surement moins que le reste.....à nos chères firmes et donc, en cascade à nos organismes de tutelles et donc, toujours en cascade à notre bon vieux syndicat majoritaire qui n'arrive plus à évoluer.
A mon avis, dire que les OGM sont l'avenir, c'est un peu présomptueux si on se penche sur les effets collatéraux déjà enregistrés à travers le monde, que ce soit au niveau environnemental ou au niveau social (planteurs de coton d'Inde surendettés pour acheter les semences toutes les années et dont bon nombre d'entre eux va au suicide...).
C'est juste un constat !

Jean

elements de reponse a la question de tutu:
les methodes alternatives ne representent pas un marché captif (semences "classique",encore plus captif avec les ogm) et interresse donc peu de monde, a part bien sur les utilisateurs potentiels...

Dede12

Tu as rason TUTU, il faut absolument que les organismes avec qui nous travaillons pensent beaucoup plus large. Ils le font sans doute, mais pas assez vite; et aujourd'hui le temps d'adaptation doit être plus court. On n'aura pas 20 ans pour s'adapter à la nouvelle donne.

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier