Les coopératives relèvent le « DEPHY »

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Les coopératives relèvent le « DEPHY »

Plus de 2.000 agriculteurs ont participé ce jeudi 23 mai aux portes ouvertes du réseau des coopératives FERMEcophyto. L’occasion de démontrer que productivité n’est pas incompatible avec baisse de l’utilisation des pesticides, réduction de l’impact sur l’environnement et augmentation de la biodiversité.

Loin des discours parfois théoriques des ministères, une vingtaine de coopératives ont ouvert leurs portes aux agriculteurs pour montrer les actions mises en place pour réduire l’utilisation des pesticides et améliorer l’impact environnemental des pratiques de leurs adhérents sur la qualité de l’eau, de l’air et de la biodiversité, tout en maintenant le niveau quantitatif et qualitatif de production, voire le faire progresser.

Des exploitations économiquement performantes

Des coopératives adhérentes au réseau FERMEcophyto qui regroupe 34 coopératives et 316 exploitations en France, elles-mêmes intégrées dans le réseau des 1.900 fermes DEPHY. Au bout de deux ans d’expérimentation, le bilan est  plutôt positif, comme l’a démontré Méryll Pasquet, d’Invivo Agro, qui coordonne les actions et a mis en place une batterie d’indicateurs pour mesurer l’impact des pratiques mises en œuvre.  

Ainsi, les exploitations adhérentes au réseau restent plus productives que la moyenne régionale avec un rendement supérieur à 3%  et surtout  économiquement très performantes (+12% de la référence moyenne marge brute). « Les meilleurs résultats environnementaux sont réalisés par les exploitations qui ont les meilleures marges brutes » dévoile-t-elle, chiffres à l’appui. Globalement, ces exploitations ont moins traité que la moyenne en 2012 malgré un contexte climatique et sanitaire défavorable. Leur IFT (indice de fréquence de traitement)  est inférieur de 26% à référence régionale et le bilan des émissions de gaz à effet de serre se situe 13% sous la référence grâce à une meilleure gestion des intrants.

Le faux semis pour réduire la pression des adventices

Près de Caen, dans le Calvados, Michel Deraine a fait part de son expérience à une centaine d’adhérents de la coopérative Agrial. Sur ses 270 ha de grandes cultures, l’agriculteur a mis en place des techniques alternatives pour gérer ses mauvaises herbes, piloter sa fertilisation, augmenter la biodiversité... « Nous sommes en zone très vulnérable avec trois captages d’eau et sommes donc contraints de raisonner l’utilisation des phytos et des engrais pour ne pas les retrouver dans les nappes phréatiques», explique-t-il.

Au menu des démonstrations : le faux semis pour réduire la pression des adventices, l’intérêt et les limites du désherbage mécanique ou encore le choix des cultures intermédiaires (CIPAN)...

 «L’objectif n’est pas de faire de grandes révolutions mais de réaliser de petits pas», a résumé de son côté Jean-François Collobert de la DRAAF de Basse-Normandie.

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