Les engrais phosphatés, principale source d’accumulation de cadmium dans le sol

Gabriel Omnès - Réussir Grandes Cultures Juin 2012

Les engrais phosphatés, principale source d’accumulation de cadmium dans le sol

L’origine du cadmium dans les sols est à la fois naturelle (altération des roches, émissions volcaniques) et anthropique (intrants et retombées des émissions industrielles). Comme les pertes vers les nappes sont cent fois inférieures aux apports, cet élément trace métallique a tendance à s’accumuler. Dans les parcelles agricoles, les engrais phosphatés sont les premiers vecteurs de cadmium, mais la relation entre les apports et la contamination des grains est très complexe. Ainsi, dans un essai portant sur ce type de fertilisants, des chercheurs canadiens n’ont pas pu établir de corrélation claire entre la concentration de cadmium dans le blé dur et les doses d’apports, ni avec les degrés de contamination des différents engrais, sauf sur les sols acides.

Bénéfice de la matière organique

Pour ne rien simplifier, « les flux peuvent entraîner une biodisponibilité plus importante de l’élément en agissant indirectement sur la chimie du sol », souligne la chercheuse Laurence Denaix.
Après les engrais phosphatés, les boues d’épuration et les effluents d’élevages sont les principaux pourvoyeurs de cadmium. Pour la scientifique, la présence du contaminant ne doit toutefois pas condamner l’épandage de ces produits. « En apportant également de la matière organique, les boues contribuent à bloquer le cadmium déjà présent dans le sol. Mieux vaut apporter de la matière organique, même un peu contaminée, que pas de matière organique du tout. » En outre, la réglementation encadrant les apports de boues intègre le pH, composante fondamentale de la biodisponibilité des éléments traces métalliques. Les effets bénéfiques du lisier et du fumier sur la concentration en cadmium dans les plantes ont été eux aussi démontrés par des essais en maïs et en tournesol.

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