Les ETC et ETF, produits financiers sur le marché des matières premières agricoles

Gabriel Omnès - Réussir Grandes Cultures Mars 2013

Les ETC et ETF, produits financiers sur le marché des matières premières agricoles
© F. Thery

ETC, ETF... Derrière ces acronymes se cachent des produits financiers en vogue permettant aux particuliers d’accéder indirectement aux marchés des matières premières agricoles. Explications.

1. Ouvert au public

L’investissement dans les matières premières, notamment agricoles, a longtemps été réservé aux professionnels en raison de la difficulté pour un particulier de s’introduire sur les marchés à terme tels qu’Euronext ou Chicago. Aux restrictions d’accès s’ajoutent les coûts inhérents aux contrats à terme, leurs spécificités liées à la nature physique du sous-jacent, et le risque de se retrouver avec de la marchandise sur les bras en cas de mauvaise gestion. Mais, au cours des années 2000, l’attrait croissant exercé par les « commodities » sur les investisseurs (tension offre-demande, diversification des portefeuilles d’actifs, etc.) et la levée de certaines barrières ont poussé des institutions financières à développer des produits accessibles à tous : via les ETF (pour Exchange traded funds) suivis par les ETC, avec un C pour commodities.

2. Répliquer n’est pas jouer

Ces deux outils reposent sur la création d’indices agglomérant les cours de plusieurs produits regroupés dans un panier. La banque vend ainsi à ses clients un produit financier dont les gains ou les pertes répliquent celles de l’indice. Dans le jargon, on parle d’extraire la performance d’un marché financier. Dans le cas des ETF « agriculture », le panier peut être composé d’actions de firmes du secteur (engrais, phyto,négoce, machinisme…). Pour permettre aux clients de s’exposer plus directement encore aux fluctuations des cours des matières premières, les institutions financières ont créé des ETC, dont les paniers incluent des cotations de matières premières, qu’il s’agisse de pétrole, de minerais ou de grains. Dans ce dernier cas, ils s’appuient sur quelques-unes des multiples cotations proposées par les principales places boursières de la planète. Derrière le marketing déployé par les banques pour vanter la simplicité et la transparence des ETC, ces derniers — et fort nombreux — restent tributaires des choix portant sur leur composition, sur le mode de réplication, et des règles retenues pour rouler les positions au moment du changement d’échéance, voire de campagne.

3. Indirect… mais pas trop

En achetant un ETC, le client n’achète pas directement des contrats à Chicago ou sur Euronext, mais un produit qui duplique leur évolution. En revanche, l’intermédiare qui vend le produit, une banque par exemple, le fait. Il lui faut en effet se protéger d’une hausse des cours des produits qui déterminent le niveau de l’indice, qui la conduirait à verser de l’argent aux souscripteurs de l’ETC. Pour se couvrir (on parle de « hedger sa position »), il va donc prendre des positions équivalentes sur les marchés à terme, créant de facto un lien entre les investissements en ETC de Monsieur Tout le monde et le prix des matières premières répertoriées par l’indice.

4. Un débat très « actif »

Le succès enregistré ces dernières années par les ETC a-t-il un impact sur les prix des matières premières ? Cela ramène à la question de l’influence de la finance et de la spéculation dans les secteurs des « commo », qui fait l’objet d’intenses débats d’experts. Sur le cas particulier des ETC, certains spécialistes estiment qu’il est sain de donner accès aux marchés des matières premières à des particuliers ou à des fonds de retraite, qui peuvent ainsi récupérer sur leur compte en banque ce qu’ils perdent au supermarché en cas de hausse des prix alimentaires. D’autres mettent en garde contre la banalisation d’un actif qui ne devrait pas être traité comme les autres. Ces derniers comparent les ETC à des armes vendues en libre service.

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