Les exploitations de grandes cultures passent en tête

Nicole Ouvrard Réussir Grandes Cultures

Le recul de l’élevage en France renforce l’activité céréalière, au point que les exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux sont désormais dominantes.C'est ce que révèlent les chiffres du recensement agricole 2010.

En pratique : estimer le produit brut potentiel

Le produit brut standard (PBS) décrit un potentiel de production des exploitations, selon leur surface et leur cheptel, et permet de les classer selon leur dimension économique. Les petites exploitations ont un PBS inférieur à 25 000 euros, et les grandes un PBS supérieur à 100 000 euros.

La concentration se poursuit

Source : Agreste, recensement agricole France métropolitaine.

Disparition des plus petites structures d'élevage bovin, stabilité en grandes cultures

Dans le secteur de l’élevage et de la polyculture-élevage, ce sont surtout les petites exploitations qui disparaissent, c’est-à-dire celles dont le produit brut standard(1) est inférieur à 25 000 euros. Ce phénomène est flagrant si l’on analyse l’évolution du nombre d’exploitations d’élevage bovin (lait, viande et mixte) selon leur taille.

Pour les grandes cultures, c’est beaucoup moins le cas. On voit même, pour celles spécialisées en céréales et oléoprotéagineux, le nombre de moyennes et grandes exploitations augmenter, passant ainsi de 49 500 il y a dix ans à 51 400 aujourd’hui. En revanche, pour les entreprises spécialisées dans les autres grandes cultures, la proportion de moyennes exploitations diminue du fait notamment du recul des surfaces de betteraves sur cette période en raison de la réforme de l’OCM sucre. Certaines régions sont gagnantes, comme celle du Centre qui voit son nombre d’exploitations betteravières augmenter. 

Main-d’œuvre toujours en recul

Pour les 490 000 exploitations françaises, on compte 604 000 chefs d’exploitations et coexploitants. Leur nombre a moins reculé que celui des exploitations (21 % au lieu de 26 %) grâce à l’essor des formes sociétaires et la reconnaissance accrue du statut des conjoints, déclarés coexploitants. Cet effet est encore plus net dans les moyennes et grandes exploitations.
Comme la famille s’implique de moins en moins, la main-d’œuvre salariée progresse ; 17 % du travail est assurée par des salariés permanents contre 14 % en 2000, avec une progression des groupements d’employeurs.

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Le nombre d'exploitants recule moins vite que celui des entreprises agricoles

, plus de la moitié des exploitations y font appel même si cela reste pour un volume de travail limité, 2 % du volume global.

Les exploitations de grandes cultures aussi nombreuses que celles d’élevage bovin

La France a vu disparaître une exploitation sur quatre en dix ans et une exploitation sur deux en vingt ans. Sur la dernière décennie, cette baisse s’est faite au détriment de l’élevage herbivore
(- 25 à - 35 % des fermes selon les spécialisations), mais surtout de la polyculture-élevage dont le nombre diminue de 40 %, passant de près de 100 000 à 60 000.
Le secteur hors sol n’est pas épargné, avec un recul de 20 % pour les élevages porcins.
Les effectifs des exploitations de grandes cultures, quant à eux, ont subi une érosion bien plus modérée de - 4 % pour celles à dominantes céréales et oléoprotéagineux et de - 9 % pour celles davantage orientées vers les autres grandes cultures (appelées dans le graphique « cultures générales ») telles que pommes de terres, betteraves, légumes de plein champ… Les exploitations céréalières progressent dans plusieurs régions comme les Pays de la Loire, la Haute-Normandie ou la Picardie.  

Source : Agreste, recensement agricole France métropolitaine.

Les exploitations de grandes cultures aussi nombreuses que celles d'élevage bovin

 en France métropolitaine est l’un des faits marquants de ce recensement agricole 2010. Sur les 490 000 exploitations recensées, le type d’exploitation ayant le plus gros effectif est celui des céréales et oléoprotéagineux, avec 84 700 entreprises. Phénomène nouveau : les 118 800 exploitations de grandes cultures (céréales + cultures générales) sont quasiment aussi nombreuses que les celles à vocation d’élevage bovin, qui se chiffrent à 120 500. 

Hausse de la surface des exploitations

Source : Agreste, recensement agricole France métropolitaine.

Hausse de la surface des exploitations

a fait un bon de 31 %, et franchit la barre des 55 hectares. Rappelons qu’au recensement de 1988, elle était de 28 hectares pour plus d’un million d’exploitations, soit le double d’aujourd’hui. Pour autant, encore en 2010, un quart des exploitations a une surface de moins de six hectares. À l’autre extrême, 10 % des exploitations françaises dépassent 143 hectares.
Pour les 312 000 moyennes et grandes exploitations, leur taille passe de 66 à 80 hectares en moyenne sur dix ans. Elles mettent en valeur 93 % de la surface agricole utilisée qui est de 26,9 millions d’hectares.

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