Maïs 2013 : une année noire, selon l’AGPM

S C

Maïs 2013 : une année noire, selon l’AGPM
Le rendement national est estimé à 90 q/ha (DR).

500 maïsiculteurs se sont réunis à Biarritz pour leurs traditionnels « Journées maïs ». L’occasion de faire un bilan de la production 2013, handicapée par une météo très difficile, mais aussi d’évoquer plus largement les problèmes politiques et économiques.

Le maïs français a été confronté cette année à une climatologie exceptionnellement difficile qui a largement perturbé la maturation des grains et la récolte 2013.  Seule 30% de la sole française serait d’ailleurs récoltée à ce jour d'après l'AGPM (58% selon l’observatoire Céré'Obs diffusé vendredi par FranceAgriMer).

Globalement, d’après l’AGPM, 1.670 000 hectares de maïs grains  ont été semés cette année soit 3% ou 50.000 ha de plus qu’en 2012. Le rendement national est estimé à 90 q/ha, avec de fortes hétérogénéités. Les parcelles en sec ont particulièrement souffert des conditions climatiques très sèches du mois d’août. D’après les chiffres du ministère, leur rendement serait de 78,6 q/ha au niveau national (soit 8 % de moins que la moyenne) contre 99,7 q/ha (- 6 %) pour le maïs-irrigué.

La production de maïs grain français devrait ainsi s’établir autour de 15 millions de tonnes contre 15,7 en 2012. En maïs fourrage, 1.460.000 hectares ont été semés soit 3% de plus qu’en 2012 permettant ainsi la reconstitution du stock fourrager. Si les surfaces de maïs semence (77.500 ha) sont également en progression  de 13%, celles de maïs doux (21.000 ha) accusent une baisse de 12%.

Une baisse des prix de 30%

« Les multiples ressources de la plante maïs, et en particulier sa génétique, auront globalement préservé les résultats techniques et la production française », analyse la profession qui estime toutefois que le maïs français traverse en 2013 une année noire.

Car si la météo a été mouvementée, il en est de même pour les prix. Une production mondiale record, conjuguée à une concurrence sans précédent de la zone Mer noire, s’est en effet traduit  par une baisse des prix représentant à ce jour -30 % par rapport à 2012, d’après les chiffres de l’AGPM. « Dans un contexte de hausse continue des charges, le prix de marché du maïs est aujourd’hui en-deçà de son coût de production », affirme l’association.

Baisse des soutiens directs

Des producteurs qui s’estiment également pénalisés par les décisions liées à la future Politique agricole commune. Une PAC qui  se traduira, selon eux,  par une forte baisse des soutiens directs pour les producteurs de maïs.

L’AGPM reste d’ailleurs  vigilante sur les dispositions restant à arbitrer : mise en œuvre de la «surprime » aux premiers hectares et niveau du transfert du 1er vers le 2ème pilier. En outre, elle insiste sur « la nécessaire reconnaissance du mulching au titre des équivalences agronomiques dans le cadre du verdissement ».

Sur un plan législatif, les producteurs se réjouissent de  la levée du moratoire sur les aides au stockage de l’eau mais fustigent la suppression des néonicotinoïdes qui « constitue une entrave supplémentaire à la productivité du maïs alors que la technologie OGM demeure dans une impasse politique ».

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier