Maïs : une surabondance mais l’appétit chinois est grand

Crédit Agricole SA

Maïs : une surabondance mais l’appétit chinois est grand

Les disponibilités abondent en maïs, avec des records aux Etats-Unis mais aussi en Ukraine. Une hausse de consommation est prévue, limitant la reconstitution des stocks. L’éthanol de céréales atteignant les limites du soutien politique, c’est l’alimentation animale qui joue. Une fois de plus, la Chine apparaît comme un moteur du marché, vu les doutes sur l’appétit des Etats-Unis. La poursuite de la chute des prix dépendra de cette demande. En Europe, l’offre en maïs est également pléthorique. Les producteurs auront du mal à vendre, les éleveurs pourront bénéficier de ce contexte.

La Chine veut sécuriser ses approvisionnements en céréales

La Chine cherche à s'implanter dans des pays étrangers pour assurer son approvisionnement. L'opération géante entre l'organisation chinoise XPCC et la société ukrainienne KS Agro (censée concerner à terme une surface représentant 20 % des surfaces en céréales en Ukraine, ou 5 % des surfaces chinoises) a été démentie par la société ukrainienne (selon le Financial Times). Celle-ci évoque seulement un transfert de technologie. Mais la Chine aurait débloqué 1,5 GUSD de crédits au profit de l'Ukraine en 2012 pour financer des exportations de grains, et elle chercherait effectivement à établir des contrats ou un contrôle foncier permettant d'assurer des flux d'approvisionnement.

(Extrait de la publication « Perspectives Emergents » des Etudes Economiques de Crédit Agricole SA du 17/10/13).

Les Etats-Unis sont sur le point d’achever une récolte de maïs record, succédant au désastre de l’an dernier. Dans la foulée du Brésil en 2012, qui avait atténué le choc d’une sécheresse historique en devenant au passage 1er exportateur mondial, l’Ukraine émerge en 2013. Le pays du bassin de la Mer Noire confirme son nouveau statut d’acteur de premier rôle en maïs.

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LE DÉBOUCHÉ POUR L’ÉTHANOL REMIS EN CAUSE

La consommation de maïs est attendue en forte hausse, après un fléchissement inédit sur la dernière campagne. Elle remonterait en 2013/14 de 5 à 7 % selon les estimations. Un excédent significatif en sortirait malgré tout. Premier acteur du marché avec notamment 30 % de la consommation, l’oncle Sam devrait en grande partie absorber l’offre supplémentaire.

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Si l’éthanol continue à jouer un rôle essentiel aux Etats-Unis, son horizon s’assombrit. Le pays est le seul, avec le Brésil et sa canne à sucre, à avoir développé massivement un tel carburant, qui pèse 6 % de la consommation d’essence et un quart de la production de maïs, une fois décomptés les sous produits pour l’alimentation animale. L’âge d’or est toutefois terminé. Un plafonnement est acté pour la production à base de maïs, qui doit céder le relais à l’éthanol de deuxième génération, tiré de produits cellulosiques. Malgré la quasi inexistence de cette filière, le maïs n’a pas le champ libre. Le secteur pétrolier s’y oppose et a presque obtenu une baisse des objectifs pour 2014. En Europe, second producteur d’éthanol de céréales, le débat est aussi politique. Il porte sur le bilan des agrocarburants. Une limitation des objectifs européens est en cours de discussion. Ne bénéficiant plus du même soutien politique, l’éthanol ne profite pas pleinement de l’absence de tension sur la ressource en maïs. La mauvaise image du secteur ne peut qu’empirer avec les aléas de production, dont la fréquence augmente ces dernières années à cause du climat.L’alimentation animale devrait absorber l’essentiel de la production supplémentaire aux Etats-Unis. Mais ses incorporations déclinent depuis plusieurs années (de 157 Mt en 2004/05 à 114 Mt l’an dernier). La prévision de 129 Mt pour 2013/14 est à prendre avec des pincettes.

LA CHINE DÉPASSÉE PAR SA DEMANDE INTÉRIEURE

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La Chine constitue un pôle d’interrogation majeur pour l’avenir du marché mondial, notamment en maïs. Le pays finit par admettre officiellement des besoins croissants d’importation. Sa récolte, en hausse de 5 à 6 % par an, ne permettrait pas de satisfaire la consommation domestique, en accélération depuis 2008/09. Pékin aurait fait le choix de profiter des prix bas sur le marché mondial, plutôt que de puiser dans ses stocks. Le maïs importé est actuellement moins cher que la production nationale. Il est toutefois soumis à des restrictions.

DES PRIX EN FORTE BAISSE

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Les prix du maïs ont fortement décroché lors du changement de récolte, devenant inférieurs à ceux observés fin 2011. A propos des stocks de fin de campagne, une légère remontée est prévue, surtout chez les exportateurs (Etats-Unis, Brésil, Ukraine). Leur niveau demeure très limité (16 % de la consommation mondiale, 7 % côté exportateurs).Les investisseurs financiers à Chicago sont de plus en plus baissiers concernant le cours du maïs aux échéances rapprochées. Attitude d’une ampleur jamais atteinte depuis que des données sont publiées, en 2006. Les prix à terme entament pourtant une légère remontée à partir de décembre.

L’EUROPE ET LA FRANCE CROULENT SOUS LE MAÏS

La récolte européenne devrait elle aussi atteindre un niveau élevé, seulement dépassé par celui de 2011/12. Un nouvel Etat membre, la Croatie, apporte quelques 2 Mt supplémentaires. Les importations devraient diminuer et les incorporations augmenter pour l’alimentation animale.En France, la chute des rendements, surtout dans le Sud-Ouest, est compensée par l’augmentation des surfaces. Ces disponibilités importantes, conjuguées à une forte concurrence, entraîneront les exportations françaises à la baisse. Face à elles, l’origine Ukraine offre des prix très avantageux.Les éleveurs profiteront d’une remontée des incorporations en alimentation animale, tant via l’autoconsommation que sous forme d’aliments composés. De leur côté, les maïsiculteurs voient fondre leur rentabilité à la tonne, avec un coût moyen de 145 à 150 euros/t ces dernières années : les revenus nets n'atteindront sans doute pas cette fois le niveau élevé qui prévalait dernièrement.

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Source Prisme : la note de conjoncture Agriculture et Agroalimentaire

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Commentaires 1

moi meme

j'ai la solution etant minuscule sur les marches internationaux avec des charges FRANçAISE abandonnons le mais et ses chages pheletoriques faisons du ble a mondre cout .

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