Marchés maïs sous haute tension

AGPM maiz'EUROP'

Marchés maïs sous haute tension

Des récoltes en baisse en Europe et aux USA, un stock mondial qui fond de mois en mois, des semis incertains en Amérique du Sud... Le marché mondial du maïs grain est sous haute tension. Les explications de l'Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM).

Monde : la baisse de la production mondiale pèse sur les stocks

Projetée en nette hausse au printemps dernier, la production mondiale de maïs 2012/2013 s’inscrit finalement en baisse et ce pour la 1ère fois depuis 7 ans. Sous l’effet de la sécheresse américaine, les projections de production mondiale se sont contractées de plus de 100 Mt en quelques mois, pour atteindre, selon les derniers chiffres de l’USDA, 839 Mt. Cette baisse de production a pour conséquence un rationnement de la demande en maïs, en particulier aux Etats Unis. Pour la 1ère fois en 19 campagnes, la consommation mondiale de maïs devrait reculer faute d’offre suffisante. Le stock mondial de maïs affiche une situation précaire avec un ratio stock à consommation évalué à tout juste 13,7 %.

La baisse de l’offre américaine conduit à une réduction globale des échanges mondiaux de maïs. Les Etats-Unis, avec des exportations projetées à 29,2 Mt, ne représenteraient plus que 32,5 % du commerce international. Le marché compte en effet sur la production sud-américaine pour « compenser » partiellement le retrait des Etats Unis. Les productions argentine et brésilienne sont par conséquent sous haute surveillance et l’actualité des dernières semaines renforce le sentiment d’incertitudes. Les fortes précipitations, en particulier sur l’Argentine, ont fortement retardé les semis. Les 1ères estimations de perte de potentiel de production commencent à circuler et devraient animer le marché dans les prochains jours. Plus globalement, toute perspective de contraction de l’offre sud-américaine conduirait à un rationnement supplémentaire de la demande mondiale et à une reprise des cours, après la pause observée depuis le mois d’août.

L’évolution du bilan américain (chiffres définitifs de production, tendance sur les consommations réelles) pourrait également donner une nouvelle tendance aux prix en début d’année 2013. La question de l’utilisation de maïs en alimentation animale reste entière. Les rapports USDA de janvier prochain apporteront certainement un début de réponse.

UE : chute de la production, hausse des importations

L’Union Européenne est le second bassin de production maïs affecté par la sécheresse. En effet, les conditions climatiques estivales chaudes et sèches ont fortement contracté la production des pays d’Europe Centrale et de l’Est. 3 des 4 principaux fournisseurs voient ainsi leur production en net retrait : la Roumanie (5,7 Mt contre 10,5 Mt en 2011), l’Italie (6,7 Mt contre 9,8 Mt en 2011) et la Hongrie (4,5 Mt contre 8,1 Mt). La production de l’UE s’établirait ainsi à 53 Mt en recul de 20 % par rapport à 2011, et ce malgré une progression des surfaces de 8 % ! La tension du bilan fourrager européen est réelle et implique nécessairement une augmentation des importations, en particulier en maïs. Celles-ci pourraient s’élever autour de 8 Mt. Au 2 novembre, la Commission a délivré des certificats portant sur 1,8 Mt de maïs (depuis le 1er janvier). Les principaux fournisseurs devraient être l’Ukraine, qui collectera une récolte comparable à celle de 2011 (malgré une forte hausse de surfaces, la sécheresse ayant aussi fortement limité le potentiel de production) et le Brésil. La récente autorisation à la consommation du maïs OGM MIR 162, lève un réel frein à l’importation de maïs brésilien sur le territoire européen. La Serbie, fournisseur historique de l’UE, sera absente du marché, ce pays ayant été également fortement touché par la sécheresse.

France : 30 % de la production européenne est française !

Avec une production de 15,7 Mt, la France est le seul producteur majeur européen à conserver son potentiel de production en 2012. Le déficit de l’offre européenne devrait constituer un appel d’air pour le maïs français sur les principaux bassins de consommation communautaires. Les 1éres projections communiquées par FranceAgriMer (octobre 2012) font état d’une hausse des livraisons sur l’intra UE. Ces dernières s’établiraient à 6,64 Mt, avec une hausse sur l’Italie et, dans une moindre mesure, sur la péninsule ibérique et le Benelux. Cependant, les livraisons de maïs français vers les partenaires européens seront fortement dépendantes du niveau des importations pays tiers enregistrées. Sur la base des prix actuels, les origines ukrainiennes et brésiliennes restent fortement concurrentielles au moins jusqu’à la fin de l’année 2012. La demande en maïs sud-américain et ukrainien sur la scène internationale, la gestion des flux logistiques pendant l’hiver et les perspectives de récoltes sud-américaines impacteront sur la compétitivité de ces origines dans les prochains mois.

Sur le marché intérieur, le maïs est la céréale la plus attractive en alimentation animale. Sur ces bases, la France devrait affichée un bilan maïs équilibré à la fin de campagne.

Publié par AGPM maiz'EUROP'

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