Michel Portier : «Nous sommes sur une poudrière»

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Michel Portier : «Nous sommes sur une poudrière»
Michel Portier: «c'est la météo qui dictera les marchés» (photo Agritel).

Les bilans mondiaux des différents marchés des céréales restent extrêmement tendus et Michel Portier, directeur d’Agritel, prédit une situation «explosive» au moindre dérèglement météorologique dans un pays producteur.

Le dernier rapport diffusé le 11 janvier par l’USDA est plutôt alarmant pour le maïs. Aux USA, premier producteur mondial, il ne resterait en stock au 31 aout prochain que l’équivalent de 18 jours de consommation avant la récolte 2013. La sécheresse qui a sévi cet été aux États-Unis, a plombé la récolte de maïs  qui reste largement inférieure à celle de la campagne précédente. La production américaine 2012, qui était attendue à 376 Mt en juin, a finalement été revue à la baisse à 262 Mt en octobre 2012, rappelle Agritel.

« Autant dire qu’un nouvel incident climatique sur ce pays, équivalent à celui de l’an passé, conduirait à une situation inédite et à un besoin de rationnement sans équivalent connu à ce jour » expliquent  les experts d’Agritel. Or, les prévisions météorologiques long terme aux USA laissent déjà craindre une poursuite du déficit hydrique.

Pour le blé, Agritel s’inquiète également de la situation climatique américaine actuelle qui se caractérise par un déficit hydrique automnal et hivernal très important sur les 4 principaux États producteurs de blés d’hiver aux USA (Kansas, Colorado, Oklahoma et texas). S’il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences sur les cultures, on sait que la sensibilité des cultures au stress au printemps est d’autant plus élevée que les réserves disponibles sont faibles.

Car si les stocks mondiaux en blé, évalués par l’USDA, sont encore corrects, Michel portier rappelle qu’une grande partie du stock se trouve en Chine et ne sera donc pas remis sur le marché mondial. Le disponible réellement  exportable, par rapport aux échanges mondiaux, est faible et engendre de la tension sur le marché mondial du blé.

Les conditions climatiques du printemps prochain dans les pays de l’hémisphère nord seront donc déterminantes et, selon Michel portier, «il est donc impossible, à ce jour, de prédire ce que sera le marché dans les mois à venir».  Il prévoit toutefois une envolée des cours au moindre incident climatique chez un pays producteur.  «C’est la météo qui dictera les marchés» conclut-il.

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Commentaires 4

COTEAUX 19

ont va pas se plaindre que les prix des céréals soient élevés tant mieux ça devrais etre le cas de tout les produit agricoles y en a mare de gagné moin que le smic.Et la faim dans le monde ne sera pas résolue par les producteur mais bien par les politiques

mouimoui

oui le grand reve fnsea produire plus pour gagner moins ,des exploitations aligner sur le cours mondial , sans contrainte environnementale le reve quoi
avant de gacher de lenergie a produire on peu commencer par arreter le gaspillage alimentaires et arreter le non sens des biocarburants et ensuite on verra si on arrive a ton reve absolu produire a tout prix.... mais bon faire des quintaux a grand coup d'energie fossile ca ne durera qu'un temps

geo

Quand on lit ça, on se dit qu'il y a tout intérêt à chercher à limiter l'exposition sur les marchés en passant par des circuits autres que conventionnels afin de donner une plus-value aux produits européens face à la concurrence internationale.
Si les produits origine europe trouvaient de l'intérêt auprès des étrangers grâce à une méthode de production spécifique (respect de l'environnement, pratiques sanitaires reconnues en élevage, moins de pesticides, pas d'OGM...)?

Dédé12

Quand on lit ça, on se dit qu'il faut arrêter de discuter sur la manière: bio, moins bio ? durable ? raisonné ? intensif ? agroécologie ? agroforeterie ?
je propose de PRODUIRE tout simplement. les agriculteurs français savent faire.

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