Multiplicateurs : La réglementation au coeur de la filière semences

Gabriel Omnès

La réglementation française protège la production nationale de semences grâce à ses exigences qualitatives, mais réduit les possibilités d'interventions chimiques.

« Heureusement que la réglementation protège notre production de semences contre les vandales », a résumé Robert Pellerin, président de la Fédération nationale des agriculteurs multiplicateurs de semences, en présentant l'ordre du jour du congrès de la FNAMS, les 11 et 12 juin à Angers. Pour capitaliser au maximum sur « la qualité à la française », la filière réfléchit même à une forme de qualification pour les exploitations en multiplication de semences, afin d'éviter que les producteurs ne deviennent « de simples sous-traitants ». Mais si la réglementation, gage de qualité, reste « la meilleure garantie face à une concurrence vive sur un marché très libre », elle est aussi source d'inquiétudes.

Impasse technique

« Notre préoccupation numéro un reste la problématique des produits phytos », reconnaît Robert Pellerin. En cause : des solutions chimiques en nombre décroissant, des firmes qui se désintéressent des semences en raison de cahiers des charges de plus en plus sévères, et des processus d'extension d'homologation très longs. « Il existe 150 sortes de potagères. S'il faut raisonner espèce par espèce, vous voyez le problème ? » souligne le dirigeant. Le Grenelle de l'environnement n'a fait que plonger la filière un peu plus dans l'impasse. « En termes de solutions alternatives aux phytos, on est devant un mur », s'inquiète Robert Pellerin. Ce contexte n'est guère propice pour motiver de nouvelles recrues, alors que l'effectif des agriculteurs multiplicateurs s'est réduit de 30 000 à 18 000 en dix ans, pour des surfaces qui ont reculé de 300 000 à 270 000 hectares.

Source Réussir Grandes Cultures Juin 2009

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