OGM : Zéro tolérance pour la tolérance zéro

Gabriel Omnès

La pression s'accentue pour mettre fin à la politique de « tolérance zéro » actuellement en vigueur dans l'Union européenne à l'égard des OGM non autorisés. En cause : des délais très longs entre le moment où un nouveau caractère OGM est avalisé dans un pays exportateur, et celui où l'Europe rend possible l'importation des variétés comprenant cet événement. Or, si un événement OGM n'est pas autorisé à l'importation, la moindre trace de ce caractère dans une cargaison rend impossible son entrée sur le territoire européen. C'est ainsi que plus de 200 000 tonnes de soja américain se trouvaient bloquées cet été aux portes de l'UE en raison de la présence de teneurs faibles (inférieures à 0,1 %) de maïs OGM indésirable de ce côté de l'Atlantique.
Début septembre, la Commission européenne faisait part de son « inquiétude » pour l'avenir de la filière alimentation animale si les choses n'évoluaient pas.
Les industriels demandent notamment la fixation d'un seuil de tolérance pour permettre l'importation de cargaisons contenant un taux très faible d'un OGM autorisé à l'étranger, et pour lequel un dossier a été déposé en Europe, mais pas encore validé.

200 000 tonnes de soja américain étaient bloquées cet été aux portes de l'UE en raison de la présence de teneurs faibles (inférieures à 0,1 %) de maïs OGM. (C. Gérard)

200 000 tonnes de soja américain étaient bloquées cet été aux portes de l'UE en raison de la présence de teneurs faibles (inférieures à 0,1 %) de maïs OGM. (C. Gérard)

Risque de Pénurie

Pour les importateurs, le risque est de devoir retourner ou de détruire certaines livraisons pour cause de présence fortuite d'OGM. Selon certains, cette épée de Damoclès pourrait conduire à un arrêt des importations, et donc à une « pénurie importante ».
Mi-septembre, le Syndicat national de l'industrie de l'alimentation animale et Coop de France rebondissaient sur les déclarations bruxelloises pour mettre en garde contre de « fortes tensions sur les approvisionnements en protéines végétales des filières animales, avec un impact économique direct potentiel dès cet automne ».

Source Réussir Grandes Cultures Octobre 2009

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