Plan abeilles "insuffisant" pour les apiculteurs

Plan abeilles "insuffisant" pour les apiculteurs

Face à la chute continue de la production de miel en France, le gouvernement veut favoriser l'installation de 200 à 300 apiculteurs par an : pourquoi pas, disent les professionnels, mais tout plan d'aide restera "insuffisant" tant qu'on n'aura pas limité l'usage de pesticides.

Vendredi dernier, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a présenté un plan triennal doté de 40 millions d'euros prévoyant notamment la mise en place d'une formation à l'apiculture et des aides à l'achat d'abeilles reines.

"Installer des apiculteurs, pourquoi pas", déclare Olivier Belval, le président de l'Union nationale des apiculteurs français (Unaf), "mais mettre 40 millions dans un plan, sans retirer les pesticides, ce n'est pas une gestion saine de l'argent public".

"Tant que se poursuivra l'hécatombe des abeilles en France, par le fait d'une agro-chimie que l'autorité publique ne limite qu'à regret, installer durablement des centaines de jeunes apiculteurs chaque année apparaît comme une fausse promesse", écrit l'Unaf dans une lettre ouverte à Stéphane Le Foll.

"Depuis la mise sur le marché de ces produits (famille des néonicotinoïdes) depuis le milieu des années 90, la production en France a été divisé par deux", rappelle Olivier Belval.

D'environ 32.000 tonnes en 1995, la production française de miel est tombée à moins de 16.000 tonnes en 2012

Parallèlement, la demande pour le miel étant soutenue, les importations ont suivi le chemin inverse : de 6 à 7000 tonnes en 1995, elles sont passées à 26.000 tonnes en 2012.

"S'il se limite à des mesures économiques, le plan sera très insuffisant", a estimé Sophie Dugué, vice-présidente de l'Unaf, qui ne veut pas d'une "apiculture sous perfusion, avec des aides pour que les abeilles continuent à polliniser".

Selon le ministère de l'Agriculture, environ un tiers de ce que nous mangeons n'existerait plus si les abeilles disparaissaient

L'Efsa, l'agence européenne sanitaire, a rendu un avis inédit à la mi-janvier dans lequel elle estime que certains néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiamethoxam) sont dangereux pour les abeilles, et responsables depuis une quinzaine d'années des taux de mortalité en forte hausse (30%).

Les néonicotinoïdes visés se retrouvent dans des pesticides comme : le Gaucho, le Regent, le Cruiser ou le Proteus utilisés pour des cultures que les abeilles butinent.

Du coup, la Commission européenne a proposé d'interdire ces pesticides pour deux ans à compter du 1er juillet sur quatre types de culture, très attractives pour les abeilles : maïs, colza, tournesol et coton. 

La balle est maintenant dans le camp des États membres.

"Nous avons bon espoir que les grands pays agricoles ne soutiennent pas la proposition de la Commission", a indiqué Xavier Thévenot de Syngenta

"Il n'y a aucune corrélation entre les problèmes apicoles et les néonicotinoïdes", a-t-il affirmé. "Entre 2004 et 2007, il y a eu un moratoire sur les néocotinoïdes et la production de miel est passée de 25.000 à 16.000 tonnes", a argumenté M. Thévenot.

La mortalité des abeilles n'est-elle pas multifactorielle (parasites, maladies, manque de nourriture) comme le soulignent les fabricants d'insecticides comme Syngenta ou Bayer? "Oui, répond Henri Clément, porte-parole de l'Unaf, mais les pesticides en sont la principale cause, bien devant l'acarien Varroa, la perte de diversité des cultures ou le frelon asiatique", soutient-il.

Source AFP

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Commentaires 2

ruche 199

a toujours dire que les problemes sont dus au autres vous oublier de resoudre ceux qui vous incombes...

bague910

c est bien d installer 200 a300 apiculteur mais ils fraudaient déjà aider les jeunes exploitations qui après une année catastrophique son en difficulté

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