Plus du tiers du maïs grain en monoculture

Christian Gloria - Réussir Grandes Cultures

Plus du tiers du maïs grain en monoculture
Part des surfaces de maïs en monoculture par rapport au maïs total (Source Arvalis Institut du Végétal, IGN Geofla).

Maïs et monoculture ne font qu’un dans certains terroirs. Pour une bonne part des 610 000 hectares concernés,la situation existe depuis des dizaines d’années.

Production maïs

En 2012, il y a eu 1,6 million d’hectares de maïs grain en France. Les principales régions sont l’Aquitaine (18 % des surfaces) devant le Poitou-Charentes (10 %), l’Alsace (9 %) et le Midi-Pyrénées (9 %). Près de 40 % des surfaces sont donc dans le Grand Sud-Ouest. Le rendement moyen a été de 97 quintaux à l’hectare en 2012 alors qu’il avait crevé le plafond des 100 quintaux l’année précédente avec 105 quintaux à l’hectare. Le maïs fourrage comptait, quant à lui, 1,4 million d’hectares en 2012 avec plus de 50 % dans le Nord-Ouest.

Parmi les grandes cultures, le maïs a ceci de particulier qu’une proportion non négligeable de sa surface se pratique en monoculture (même culture plus de cinq ans de suite). « Sur la période 2006-2009 en France, on enregistrait 756 000 hectares de monoculture dont 610 000 de maïs », précise Gilles Espagnol, Arvalis.
Dans le Sud-Ouest, l’Alsace et la vallée du Rhône, on trouve de vastes zones où les surfaces de monoculture de maïs grain occupent plus de 50 % de la SAU. Cette situation n’est pas récente. « Près de la moitié de ces maïs – 250 000 à 300 000 hectares — sont en monoculture longue de plusieurs dizaines d’années dans des terroirs où le maïs est pratiquement insubstituable par une autre culture », affirme Jean-Paul Renoux, AGPM. Il s’agit des touyas (terres noires) de la vallée de l’Adour, de la Hardt en vallée du Rhin, du Grésivaudan en Isère avec souvent des situations de sols hydromorphes, inondables… « Mais dans diverses régions, le maïs et la monoculture ont surtout progressé depuis les années 70 comme dans les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et l’Alsace », souligne Philippe Pointereau, Solagro.

Une plante qui aime l’eau

Il est vrai que la plante a pour elle de bien se développer dans les situations humides où d’autres cultures se montreront beaucoup moins productives. Dans beaucoup de régions, le maïs est la production la plus rentable de loin, tout en ne nécessitant pas un investissement trop lourd en temps. Une importante ressource en eau est souvent allée de pair avec le développement du maïs et de la monoculture : les terres à réserve utile élevée, le climat pluvieux ou encore l’irrigation. Mais ce dernier facteur n’est pas clairement corrélé à la monoculture puisque entre 350 000 et 400 000 hectares de ce maïs n’est pas irrigué. La monoculture du maïs ne semble pas avoir d’incidence notable négative sur l’environnement sinon sur la biodiversité.

Le maïs fourrage et les blés aussi

Le maïs ensilage est également concerné par la monoculture mais dans de moindres proportions que le maïs grain. Les surfaces sont supérieures à 100 000 hectares. Certaines régions apparaissent plus particulièrement concernées. Le seul secteur , englobant le département de la Manche, le nord de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne et l’ouest de l’Orne, compte à lui seul plus de 50 000 hectares de maïs fourrage cultivés trois ans de suite sur les mêmes parcelles, selon Arvalis Expert.
Pour les céréales à paille, on note près de 150 000 hectares de monoculture de blé en France. Le gros des surfaces se trouve sur le pourtour méditerranéen avec le blé dur. Dans les départements bordant la mer Méditerranée (à l’exception des Alpes-Maritimes), des secteurs comptent plus de 50 % de la SAU en monoculture de blé dur entre 2006 et 2009. Selon Philippe Pointereau de Solagro, le blé se prête moins à la monoculture que le maïs car il est davantage touché par les maladies, en particulier dans les régions au climat humide.

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