Point de vue : La chimie du végétal doit contribuer à la relance de l'économie »

Point de vue : La chimie du végétal doit contribuer à la relance de l'économie »

Pour Jean-Marc Willefert (1), le développement de la chimie du végétal est un bon moyen de dynamiser l'économie. Encore faut-il un accompagnement politique.

« Le développement de la chimie du végétal constitue un enjeu stratégique pour nous, les industriels de l'amidon et de la fécule. D'ailleurs, cela représente déjà une part significative de notre activité : papier/carton ondulé, bioplastiques, adhésifs, traitements de surface, matériaux de construction et certains intermédiaires chimiques représentent environ un tiers de notre production totale, soit le débouché de cinq millions de tonnes de céréales au niveau européen.
Mais notre industrie a été sévèrement affectée depuis la fin 2008 par les effets de la crise économique, surtout via ses applications non alimentaires (papier/carton, chimie…). La chimie du végétal apparaît comme un relais de croissance dans la perspective d'un développement significatif de notre activité d'ici 2020 dans le contexte de ce que d'aucuns appellent la « croissance verte ».

Plus que jamais l'amidon et le glucose qui en est extrait font partie du panel de solutions offertes à nos clients pour répondre à certains défis : réduction des émissions de CO2, économie d'énergie fossile, gestion de la fin de vie des produits (recyclage, compostage…). La nécessaire réduction de notre dépendance énergétique constituera demain un enjeu majeur. Les États-Unis l'ont bien compris, et ont mis en place un programme ambitieux de soutien aux bioproduits, impliquant conjointement le Département de l'énergie et l'USDA.

Toutes ces raisons nous confortent aujourd'hui dans notre choix de militer avec nos partenaires agricoles et industriels pour que la chimie du végétal soit intégrée aux politiques publiques de relance de l'économie et d'une activité industrielle durable (maîtrise des ressources consommées et des rejets et émissions qu'elle génère). La plupart des actions menées aujourd'hui par l'Usipa pour promouvoir le concept de chimie du végétal s'inscrivent d'ailleurs dans cette direction. En concertation avec l'Association Chimie du Végétal et le club « Bio-plastiques », nos actions visent plusieurs objectifs :
. Inscrire le concept de chimie du végétal au coeur des programmes de développement rural, tels que revisités par le récent Bilan de santé de la PAC ;
. Adapter la fiscalité, voire les droits de douanes aux frontières de l'Europe, afin de prendre en compte la valeur sociale du carbone ;
. Mettre en place des programmes de soutien à la recherche, à l'innovation voire aux investissements ;
. Définir une stratégie européenne de développement des produits bio-sourcés, dans la lignée du mémorandum adressé à la Commission européenne à l'initiative de la France fin 2007.

Je relève que deux dossiers chauds de la rentrée politique française offrent une opportunité d'intégrer la chimie du végétal au coeur des grandes priorités nationales. D'une part, le grand emprunt qui voit de très nombreux acteurs plaider pour la mise en oeuvre de programmes dédiés au développement durable. C'est le cas du Haut Conseil de la coopération agricole qui s'est résolument positionné en faveur de la chimie du végétal, témoignant ainsi du soutien de notre amont agricole. D'autre part, les discussions sur la taxe carbone et la question des nécessaires compensations destinées à préserver la compétitivité des industriels. »

(1) Jean-Marc Willefert est président de l'Usipa, union des syndicats des industries des produits amylacés et de leurs dérivés depuis décembre 2008.
Il est directeur Europe du groupe Roquette Frères installé à Lestrem, dans le Pas-de-Calais.
L'Usipa est l'un des cofondateurs de l'association Chimie du végétal créée en janvier 2008.
http://www.chimieduvegetal.com.

Source Réussir Grandes Cultures Novembre 2009

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