Quatre outils de gestion des risques plébiscités par l’AGPB

Lise Monteillet

Quatre outils de gestion des risques plébiscités par l’AGPB

Pour retrouver leur souffle après cette année noire, les producteurs céréaliers réclament de la « visibilité » et « la liberté d’entreprendre ». Philippe Pinta, président de l’association générale des producteurs de blé, a proposé une « boîte à outils » pour améliorer la résilience des exploitations agricoles.

« Les trois quarts des exploitations céréalières auront un revenu négatif en 2016 », selon Philippe Pinta, le président de l’association générale des producteurs de blé (AGPB). Suite à des récoltes désastreuses, les producteurs céréaliers ont perdu entre 300 et 700 euros par hectare en 2016, selon l’association spécialisée.  Cela a conduit à une chute de revenu évaluée entre 25 000 et 30 000 euros par actif non salarié.

Cet accident climatique renforce la volonté des producteurs de disposer d’outils efficaces de gestion des risques. L’objectif est de « lisser » leur chiffre d’affaires sur plusieurs années, afin d’être moins vulnérables aux soubresauts du climat ou des marchés.

En premier lieu, l’AGPB souhaite « maintenir une aide directe conséquente dans les exploitations agricoles ». Elle plaide en faveur d’une aide directe simplifiée et recentrée, alors que de nombreux producteurs de céréales s’étaient opposés à la dernière réforme de la Pac, conduisant à une redistribution des aides.

Une gestion pluriannuelle de l’exploitation

Autre nécessité : « un compte épargne de précaution contra cyclique individuelle ». Selon l’AGPB, seulement 11 000 agriculteurs ont utilisé une déduction pour aléas, un dispositif qui doit gagner en « souplesse ».  Voilà pourquoi elle propose un nouveau mécanisme d’épargne qui fait « confiance » aux agriculteurs, afin qu’ils puissent s’orienter vers une gestion pluriannuelle de leur exploitation.

L’AGPB croit à l’efficacité de l’assurance climatique, à condition que celle-ci soit « efficace, largement diffusée et soutenue par l’Union européenne ». Aujourd’hui, seulement 26 % des surfaces en grandes cultures sont assurées. La faute à un manque de « visibilité », selon Philippe Pinta, évoquant une aide européenne au montant « variable ». L’AGPB demande « un seuil et une franchise à 20 % et subventionnés à hauteur des deux tiers ».

Enfin, l’AGPB défend le principe de l'assurance « chiffre d’affaires », qui doit être « laissée au choix des agriculteurs ». « Ces propositions sont cohérentes avec les politiques françaises et européennes. C’est réalisable rapidement », assure Philippe Pinta. Dans une semaine, l’AGPB réunira tous ses membres lors de son congrès annuel, qui se déroulera à Orléans.

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Commentaires 2

fred

l'assurance récolte encore un peu plus de financiarisation de l'agriculture; les assureurs sont des mathématiciens ils gagnent et s'enrichissent toujours un peu plus. LA FINANCE veut maintenant s'accaparer le budget pac et la fnsea tombe dans le panneau.
on oublie que le fond des calamités agricoles que nos anciens avaient eu la sagesse de mettre en place, a servi pour financer les entreprises qui se lançaient dans les 35 heures.
il faut maintenant mettre 15 euros pour vendre une tonne de blé puis 20-25 euros pour assurer un hectare de blé.nous sommes loin de l'impôt sécheresse de 1976 sous giscard qui avait la nation à contribution pour sauver les fermes du sinistre...

alain

il faudrait un meilleur prix de vente des produits agricoles pour faire face aux coûts du risque.
mais voilà, la mondialisation est cynique, pour avoir un meilleur prix du blé il faut qu'un autre continent subisse une catastrophe. le système est tel : profiter du malheur des autres

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