Ravageurs du sol : Déloger les limaces à l'interculture

Christian Gloria

Les limaces se cachent dans les anfractuosités du sol le jour et elles n'aiment pas qu'on les y dérange. C'est pourtant ce qu'il faut faire. « Avant de penser à les traiter avec des granulés antilimaces, il faut mettre en oeuvre des pratiques agronomiques tournant autour d'interventions en interculture, conseille Hugues Mignon, technicien recherche chez Champagne Céréales. Nous recommandons de travailler le sol (déchaumage, voire labour) et de le retasser ensuite de façon à éviter les sols creux. La destruction des repousses est également préconisée. En situation de très forte pression limaces, une lutte chimique complémentaire pourra s'envisager dans un second temps. »
Spécialiste des ravageurs du sol à l'Acta, André Chabert insiste également sur l'intérêt des pratiques en interculture. « Le travail du sol en post-récolte est vraiment important. Les déchaumages réduisent les populations de limaces et c'est juste après récolte de la céréale ou du colza qu'ils apparaissent les plus efficaces. Les producteurs qui laissent les chaumes sont ceux qui sont les plus ennuyés. »
La protection antilimaces peut être engagée quelques jours avant le semis ou à l'apparition des premiers dégâts pendant les stades jeunes de la culture. C'est selon l'importance des populations du mollusque.

Les chaumes laissées en champ sont très favorables au développement des limaces. Un déchaumage aura un effet très destructeur sur ces ravageurs. (V. Marmuse/CAIA)

Les chaumes laissées en champ sont très favorables au développement des limaces. Un déchaumage aura un effet très destructeur sur ces ravageurs. (V. Marmuse/CAIA)

Plus de dix limaces au m2

« Quatre à cinq jours avant semis, nous définissons un risque fort de dégâts sur céréales lorsque la population de limaces est supérieure à dix individus au mètre carré », donne comme exemple José Collet, responsable agronomique de Nouricia.
Avec l'aide de la société De Sangosse, la coopérative a mis en place un réseau de surveillance mettant à contribution une trentaine d'agriculteurs. Ceux-ci disposent des pièges dans leurs parcelles, des plaques carrées de 50 cm de côté sous lesquelles les limaces trouvent refuge. Des relevés sont effectuées une fois par semaine et les informations sont remontées à la société De Sangosse qui, après synthèse, informe l'équipe agronomie de la coopérative. Via sa circulaire hebdomadaire nouriciAgrotech, l'équipe propose ses préconisations à ses adhérents.
De Sangosse n'est pas la seule firme à proposer ses services aux distributeurs et agriculteurs. Bayer avec ses outils Activ+ et Positif, Phyteurop, Jouffray-Drillaud… y vont également de leurs propositions.

Champagne Céréales fait intervenir ses équipes pour suivre les populations de limaces. « Dès août, une douzaine de techniciens disposent et suivent des pièges sur 25 à 30 parcelles de colza et autant de céréales. S'il y a lieu, nous alertons les agriculteurs concernés sur notre site extranet arterre.net, précise Hugues Mignon. Le technicien juge les outils de prévision des attaques de limaces plus ou moins pertinents. Ce ravageur ne se développe pas de façon ‘cartésienne'. Il est parfois là où on ne l'attend pas et inversement. Le meilleur moyen d'anticiper les attaques est d'aller voir sur le terrain… » Les limaces sont enquiquinantes à tout point de vue.

Source Réussir Grandes Cultures Septembre 2009

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