Recherche : Des plans sur la comète pour nourrir la planète

Nicole Ouvrard

Les instituts de recherche Inra et Cirad ont décidé de peser dans les débats internationaux sur l'agriculture et l'alimentation de demain.

Comment nourrir correctement une population de 9 milliards d'individus en 2050 tout en préservant l'environnement ? La question fait débat dans les instances internationales, notamment la FAO, depuis les émeutes de la faim de 2007.
L'Inra et le Cirad se sont adonnés à un exercice de réflexion prospective appelé Agrimonde. Ils ont imaginé deux scénarios possibles d'ici à 2050 : le premier (AG0) correspond à la poursuite des évolutions actuelles dans une approche libérale. Le deuxième (AG1) est basé sur le développement durable en faisant l'hypothèse que les disponibilités alimentaires seront égales dans toutes les régions du monde, ce qui suppose une baisse de 25 % de la consommation dans les pays de l'OCDE, et en prévoyant que l'intensification écologique de l'agriculture se sera généralisée. « Dans les deux scénarios, nous concluons que l'agriculture mondiale pourra nourrir la planète en 2050, mais du contenu de nos assiettes dépendra la santé des hommes et des écosystèmes », souligne la chercheuse Sandrine Paillard.

Afrique subsaharienne. Les règles de l'OMC doivent être pensées dans une optique de sécurité alimentaire. (Vétérinaires sans frontières / Archives)

Afrique subsaharienne. Les règles de l'OMC doivent être pensées dans une optique de sécurité alimentaire. (Vétérinaires sans frontières / Archives)

Réduire les pertes

Autre conclusion : certaines régions du monde continueront à être dépendantes des importations. C'est le cas de l'Afrique et du Moyen-Orient qui verraient leurs rendements augmenter, mais pas suffisamment pour nourrir leur population. L'Asie et le Moyen-Orient, eux, n'ont pas de réserves de terres à mettre en culture. Les échanges internationaux pourraient donc être multipliés par trois avec AG0 et par six avec AG1. Pourtant, une partie des problèmes pourraient être résorbés en cherchant à réduire les pertes en cultures ou à la récolte. Dans le monde, celles-ci représentent 5 % des volumes récoltés, et montent à 10 % pour l'Afrique subsaharienne. « La réflexion sur l'instabilité des cours mondiaux remet en selle les politiques agricoles des États, mais il ne faut surtout pas les aborder avec une approche des années 60 », met en garde Bruno Vindel, de l'agence française de développement.

Source Réussir Grandes Cultures Novembre 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier