Sondage : Le secteur semencier doit travailler davantage son image

Nicole Ouvrard

Au premier abord, l'enquête réalisée par le Gnis sur l'image des semences est plutôt favorable, mais les entreprises semencières sont mal aimées, et mal connues.

Quelle opinion ont les Français du secteur des semences agricoles ? Nuancée, selon une enquête réalisée par le Groupement national interprofessionnel des semences et plants, le Gnis, sur un échantillon de 2000 personnes en avril 2009. Une majorité des sondés (87 %) disent que les semences végétales ont un effet positif sur la nature et l'environnement, mais en même temps ils ne sont que 7 % à considérer que l'utilisation de semences résistantes aux maladies caractérise l'agriculture durable. Les personnes interrogées attribuent un rôle positif aux semences sur la qualité sanitaire des produits agricoles (64 %) et la diversité des produits alimentaires (69 %), mais seulement 1 % des Français interrogés désignent les semences comme une solution au défi alimentaire mondial.
Pour 56 % d'entre eux, la priorité de la recherche doit être la mise au point de variétés qui consomment moins de pesticides, d'eau et d'engrais mais ils ne sont que 21 % à considérer qu'il est nécessaire de créer des variétés plus résistantes aux parasites et aux aléas climatiques. Le lien entre « utiliser moins de pesticides » et « utiliser des variétés plus résistantes aux parasites » est loin d'être évident pour le grand public.

75 % des Français interrogés disent avoir confiance dans le contrôle de la qualité et de la traçabilité des semences. (DR)

75 % des Français interrogés disent avoir confiance dans le contrôle de la qualité et de la traçabilité des semences. (DR)

Monsanto, le mastodonte

65 % des personnes disent que le marché est aux mains de grandes entreprises ou de multinationales (65 % des réponses) dont l'image est négative. Plus d'une personne sur deux leur attribue une note inférieure à la moyenne même si deux Français sur trois sont incapables de citer spontanément un nom. La seule société massivement citée est Monsanto, suivie de loin par Vilmorin. « La connaissance du secteur semencier est occultée par le débat sur les OGM, déplore Philippe Gracien, directeur du Gnis, y compris auprès d'un public rural. Il est important de faire connaître les 73 entreprises de notre secteur et de faire savoir que la majorité des budgets de recherche va aujourd'hui vers la création de variétés durables. »
Quant à la propriété intellectuelle, 64 % trouvent positif que les semences non répertoriées dans le catalogue des semences soient interdites à la vente.
« La fonction première du catalogue est ainsi légitimée dans son principe », en conclut le Gnis. Mais 62 % pensent que l'existence même de ce catalogue est un frein à la biodiversité. « Les variétés traditionnelles, les variétés populations, les variétés à faible intrants ou celles spécifiquement sélectionnées pour la bio sont toujours interdites par le catalogue », renchérit la Confédération paysanne. Et 64 % trouveraient normal que les agriculteurs puissent ressemer gratuitement une partie des récoltes obtenues avec ces variétés.

Source Réussir Grandes Cultures Janvier 2010

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