Surveillance et contrôles des bio-agresseurs : Y a-t-il un pilote pour les avertissements agricoles ?

Christian Gloria

C'est la fin d'une époque. Les bulletins des avertissements agricoles cessent d'être diffusés
par les services régionaux de la protection des végétaux (SRPV) à compter de 2009. Pour
autant, le service ne va pas disparaître. Il sera le fruit d'une nouvelle organisation. Au-delà
de la refonte des avertissements agricoles, c'est un renforcement des réseaux de
surveillance des bio-agresseurs qui est programmé au travers du plan Écophyto 2018. «
L'objectif est d'organiser des partenariats associant les différents acteurs du monde
agricole pour aboutir à une organisation comparable à ce qui existe dans le domaine
vétérinaire avec l'épidémio-surveillance formalisée », présente Joël Mathurin à la tête de la
sous-direction de la protection des végétaux à la DGAL.

Les avertissements agricoles ne seront plus émis par les SRPV mais ils seront le fruit d'un partenariat entre divers organismes agricoles. (S. Dévé)

Les avertissements agricoles ne seront plus émis par les SRPV mais ils seront le fruit d'un partenariat entre divers organismes agricoles. (S. Dévé)

Vers des structures régionales

Chambres d'agriculture, instituts techniques, distributeurs, fédération régionale de défense
contre les organismes nuisibles (Fredon), Draf-SRPV : qui va piloter ces réseaux de
surveillance ?
On se dirige vers des structures régionalisées où les chambres régionales d'agriculture
tiendront un rôle central, selon Joël Mathurin. C'est peu ou prou ce que proposent dans une
note commune l'APCA, Coop de France et les syndicats FNSEA et Jeunes agriculteurs : «
Un comité de pilotage d'épidémio-surveillance est créé au niveau régional, présidé par le
président de la chambre régionale d'agriculture. Sous contrôle de la Draf, il rassemble les
organisations agricoles concernées : syndicats, chambres d'agriculture, distributeurs,
instituts techniques, Fredon… »
Une fois la surveillance des bio-agresseurs organisée sur le territoire, il reste le traitement
et l'analyse des données d'observation à réaliser par les organismes les plus compétents.
Vice-président de la FNLon et président de la Fredon Rhône-Alpes, Dominique Pipit met en
avant les Fredon pour remplir ces rôles. « Nous avons besoin également du travail des
instituts techniques sur la gestion de bases de données et la modélisation du
développement des bio-agresseurs », ajoute-t-il.




Joël Mathurin, directeur de la protection des végétaux à la DGAL : « Il y aura un label Avertissements agricoles sous contrôle des Draf qui valideront les informations diffusées. » (C. Gloria)

Joël Mathurin, directeur de la protection des végétaux à la DGAL : « Il y aura un label Avertissements agricoles sous contrôle des Draf qui valideront les informations diffusées. » (C. Gloria)

 

Diffusion gratuite sur Internet

Les coopératives sont également prêtes à apporter leur contribution. Le traitement et
l'analyse des données seront organisés par filières (cultures), avec les instituts techniques
concernés.
Les informations remontant du terrain ont besoin d'une validation qui ne puisse pas souffrir
d'une remise en cause. Sur ce point, on compte sur les pouvoirs publics via le contrôle par
les Draf-SRPV. Le respect d'un cahier des charges doit être le garant de la fiabilité des
données. La rédaction des avertissements agricoles suivra le même principe. Ces
informations ne seront plus diffusées par les SRPV. Mais l'État veut garder la main. « Il y
aura la mise en place d'un dispositif de labellisation du service avec une marque d'État
‘Avertissement agricole' pour les informations qui auront respecté le cahier des charges »,
informe Joël Mathurin. Quant aux informations, elles seront à disposition des agriculteurs
gratuitement via un site internet. C'est un moyen rapide et peu onéreux de mise à
disposition de l'information.



Les Coops veulent être rémunérées

Mais quel sera le niveau de pertinence de cette information gratuite ? Une organisation
proposée pour la région Nord-Pas-de-Calais mentionnait la gratuité pour une simple
publication mensuelle sur la situation phytosanitaire et réglementaire. Elle prévoyait en
revanche un service payant pour la mise à disposition en temps réel d'informations
synthétisées et analysées en vue d'utilisations pour les prescriptions.
Les organisations apportant leur contribution dans les observations et les analyses
souhaitent légitimement en obtenir un financement. « C'est un point sur lequel nous allons
être vigilants. La rémunération des organismes qui apportent des informations se doit, en
plus, d'être différenciés entre les contributeurs importants et ceux plus modestes. Nous ne
voulons pas apporter massivement pour que derrière, des structures qui n'apportent rien
en profitent, selon Jeremy Macklin, directeur agrofournitures chez In Vivo. Sinon, à notre
sens, le système ne sera pas viable. » Les préconisations qui découleront des informations
émanant du réseau de surveillance seront validées jusqu'à un certain niveau par les
directions régionales de l'Agriculture et de la Forêt. Mais pour le conseil à la parcelle, les
organismes prescripteurs feront valoir la qualité de leurs services techniques par des
prestations payantes.


Source Réussir Céréales Grandes Cultures Octobre 2008

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