Transport des matières premières : Le fret maritime en apnée

Gabriel Omnès

Le prix du transport maritime coule à pic. Mauvaise nouvelle pour les exportations françaises. Il est notamment plus difficile pour les céréales françaises de tirer avantage de la proximitéavec le bassin méditerranéen.

Après avoir culminé sur le haut de la vague en juin, le coût du fret a entamé une plongée en
eaux profondes. Le Baltic dry index (BDI), principal indice des prix pour le transport maritime en vrac de matières sèches, avoisinait 1600 points à la mi-octobre, alors qu'il dépassait les 11 000 points au printemps dernier. C'est seulement la deuxième fois en cinq ans que l'index enfonce la barre des 2000 points.

« Le marché a commencé à décrocher en juin, d'abord sur les grandes tailles de navires,
rappelle-t-on chez Barry Roglilano Salles, le premier courtier maritime français. À partir d'août, l'ensemble des marchés a plongé, avec un ralentissement sur tous les domaines d'activité, même si la situation est plus diversifiée pour les petits bateaux. »






Chargement  de blé français au port de la Pallice en 2008. (P. Cronenberger)

Chargement de blé français au port de la Pallice en 2008. (P. Cronenberger)

L'ogre chinois donne le ton

Depuis plusieurs années, c'est l'ogre chinois qui oriente le marché du fret maritime. Cette tendance baissière n'échappe pas à la règle. Après avoir mis le feu aux mers en raison d'une demande gargantuesque en minerai, la Chine a sifflé la fin de la hausse en interrompant ses achats de minerai aux Brésiliens. Dans le même temps, la pénurie de bateaux qui entretenait des prix élevés s'est résorbée avec le renouvellement de la flotte.

Désormais, sur le marché spot, les prix s'aventurent parfois sous les coûts d'exploitation. Pour un trajet Brésil-Europe, on enregistrait en octobre des transactions à 50-60 dollars la tonne, contre 90-100 dollars pour le même service quatre mois plus tôt.

Fin du bonus français

Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les exportateurs français de céréales, dont les
débouchés sont majoritairement situés sur le bassin méditerranéen. Grâce à cette proximité, ils tiraient un avantage concurrentiel du prix de fret élevé face aux origines lointaines. Ce bonus s'est réduit comme peau de chagrin. Les États-Unis partaient il y a quelques mois avec un handicap de plusieurs dizaines d'euros pour des trajets vers l'Algérie. Aujourd'hui, ils n'ont plus qu'à débourser quelques euros de plus que les Européens pour rallier le Maghreb. Et avec la crise financière et l'annonce de la Chine de
repousser ses achats de minerai au premier rimestre 2009, les fréteurs ne sont pas prêts
de sortir la tête de l'eau.

 

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Novembre 2008

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