Un niveau de revenu historiquement haut

Un niveau de revenu historiquement haut

Le revenu des exploitations de grandes cultures est tributaire de la volatilité des prix des matières premières agricoles.

Les prix, déjà élevés en 2011, s'inscrivent en forte hausse en 2012 alors même que les rendements de la plupart des céréales progressent. De ce fait, après avoir atteint 49 500 euros par actif non salarié en 2011, le résultat courant avant impôts (RCAI) des exploitations spécialisées en céréales, en oléagineux et en protéagineux s'élève à 72 100 euros en 2012. En cumul sur les trois dernières années, il s'accroit de 60% en 2012 et dépasse son pic historique de 2007. Pour les autres exploitations de grandes cultures, le revenu en cumul triennal augmente de 40% en 2012. Déjà légèrement supérieur à son niveau record de 2007 les deux années précédentes, il progresse jusqu'à 79 800 euros en 2012.

Globalement, les prix des céréales qui s'étaient stabilisés en 2011 à un niveau élevé repartent à la hausse. Compte-tenu des disponibilités mondiales réduites, les cours internationaux se tendent. Ceux du blé tendre s'emballent à la suite du recul de la production en Russie et dans les autres pays de la Mer Noire victimes de la sécheresse. La situation est similaire pour le maïs, en réaction aux conditions climatiques très sèches aux États-Unis. Dans ce contexte, les prix français du blé tendre et du maïs grimpent de 20%. D'autre part, malgré des disponibilités accrues, les prix de l'orge s'apprécient de 15% face au renforcement de la demande européenne, notamment espagnole. En revanche, la récolte abondante de blé dur pèse sur les cours mondiaux et les prix français qui reculent de 1 %.

Un niveau de revenu historiquement haut

Des prix toujours en hausse

Dans ce climat de hausse de prix des céréales, les prix des protéagineux qui peuvent en partie se substituer à ces dernières dans l'alimentation animale, subissent une hausse de 20%, accentuée par la faiblesse de l'offre. Les prix des oléagineux progressent de 12% dans l'ensemble. Le prix du tournesol bondit de 18%, du fait de la faible récolte européenne et ukrainienne. Ceux du soja montent de 20%, tirés par le dynamisme de la demande chinoise sur un marché tendu. Les prix du colza sont en hausse de 10%.

Malgré la réduction des volumes français, les prix de la betterave industrielle se replient de 3 %. Par contre, ceux de la pomme de terre gagnent 5 % en 2012, en lien avec la baisse des disponibilités. Les charges d’approvisionnement (engrais, produits de protection des cultures, semences, carburants et lubrifiants) progressent globalement de 4 % en valeur. La hausse des prix des engrais amorcée en début d'année 2010 s'est stabilisée en 2012. Mais elle impacte la campagne 2012 à hauteur de 14%. La nette réduction des achats en volume (- 15%) limite les dépenses pour les exploitations. Les acquisitions de carburants et lubrifiants sont quasiment stables mais leur coût s'alourdit (+ 14%) en liaison avec la hausse quasi continue des cours des produits pétroliers depuis la mi-2009. Les dépenses en produits de protection des cultures s'accentuent (+ 6% en valeur). Les conditions météorologiques ont en effet induit un recours accru aux fongicides et aux herbicides.

Source Agreste

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