Une irrigation nécessaire et rationnelle en Limagne

CA 63 BOISSIER

Une irrigation nécessaire et rationnelle en Limagne

L’irrigation représente un investissement fort pour les agriculteurs. Elle nécessite du matériel, des choix stratégiques dans l’assolement et en cours de campagne, et du temps.

Une irrigation nécessaire et rationnelle en Limagne

Une irrigation nécessaire

 « En Limagne, dès que l’on ne se situe plus dans des terres de marais profondes, il est souvent utile d’irriguer. » Françoise Lère ingénieur à la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme, ajoute « ce sont les cultures sous contrat que l’on choisit d’irriguer en priorité: maïs semences, betteraves, tabac, mais aussi maïs et blé pour les filières spéciales. L’assurance de disposer de la production et de la qualité escomptées est essentielle pour la coopérative ou le négoce avec lequel l’agriculteur a passé le contrat !

D’autres grandes cultures (blé, pois …) reçoivent des arrosages ponctuels. Leur seule présence dans l’assolement ne justifierait pas de s’équiper, mais, au cours de la dernière décennie, avec les printemps secs à répétitions, elles ont bien valorisé de une à trois irrigations par campagne.

Bien sûr, les cultures fruitières et légumières (pommes de terre, bulbes, maraîchage…), qui occupent une plus faible superficie en Limagne, valorisent bien l’irrigation également

Une irrigation nécessaire et rationnelle en Limagne

Investissement humain et matériel

Irriguer demande du temps. En période séchante, si l’on est équipé d’enrouleurs, il faut  les déplacer rapidement d’une parcelle à l’autre, sans exclure d’avoir à le faire de nuit…

Pour préserver le débit des cours d’eau, il faut d’ailleurs répartir le temps d’arrosage sur le jour et la nuit. La nuit, les conditions sont souvent moins favorables aux pertes (vent souvent moins fort, surtout au printemps, et températures plus fraîches). Ces pertes sont normalement faibles (largement moins de 10 %), même aux heures chaudes. C’est surtout le vent, lorsqu’il dépasse la vitesse de 2 m/s qui occasionne une mauvaise répartition et des pertes importantes.

« Beaucoup d’équipements sont sous-dimensionnés pour des besoins qui tendent à augmenter (ETP estivale). L’exploitant procède alors à un choix en fonction de la meilleure valorisation, (par exemple le blé passe après la betterave). »

Le coût économique de l’irrigation est aussi à prendre en compte : avec le coût d’équipement pour le pompage et les canalisations, celui du matériel d’arrosage (enrouleur, pivot…), l’énergie nécessaire,  l’entretien, et la redevance à l’Agence de l’Eau, il faut compter de 300 à 500 €/ ha.

Enfin, en cas de sécheresse persistante, le droit d’irriguer peut être restreint temporairement par Arrêté préfectoral, comme ce fut le cas en 2011.

Une irrigation nécessaire et rationnelle en Limagne

Connaissances et savoir-faire

Pour gérer l’irrigation, l’agriculteur fait appel à son savoir–faire ; il consulte la météo à 5 jours, il observe l’état et le stade des cultures, l’humidité du sol… « Par exemple, on n’arrose pas le maïs grain avant le stade 10 feuilles. Toutefois, on a tout intérêt à avoir une levée homogène. Ainsi, l’an dernier, il a fallu arroser certains maïs après semis. Cela est une pratique encore plus courante pour le maïs semence.»

L’agriculteur doit également adapter les doses à la capacité de rétention  du sol. « Dans un sol sableux, on irriguera plus fréquemment à des doses plus faibles, que dans un sol argilo-calcaire. ». Enfin en cas de pluie, l’agriculteur arrête l’enrouleur pendant quelques jours,  puis reprend le tour d’eau.

Des outils d’aide

D’’avril à fin août, le Bulletin hebdomadaire Irriconseil, édité par la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme avec Limagrain, Arvalis, et la sucrerie Bourdon, permet de bénéficier de conseils appropriés.

L’exploitant peut utiliser Irrinov®, qui, à partir de sondes, permet de piloter l’irrigation sur blé, maïs conso et semence.

Enfin, Limagrain teste actuellement des sondes capacitives, pour des conseils sur blé.

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