Une journée qui donne envie… de produire du lait

Catherine Perrot

Salle comble à Orvault : la preuve, si besoin en était, que les éleveurs laitiers sont prêts à prendre leur avenir en main.
Salle comble à Orvault : la preuve, si besoin en était, que les éleveurs laitiers sont prêts à prendre leur avenir en main.

Près de 500 personnes ont assisté à la journée départementale laitière, organisée à Orvault par la chambre d’agriculture et ses partenaires du groupe de travail lait.

Des lendemains radieux pour l’élevage laitier de Loire-Atlantique ? L’économiste Vincent Chatellier pense que c’est possible et il l’a dit avec enthousiasme aux 500 participants de la journée départementale laitière, organisée à Orvault, le 18 février dernier, par la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique.
Les raisons de ce bel optimisme : d’une part, les marchés mondiaux sont porteurs ; d’autre part, la Loire-Atlantique est, selon lui, « une terre d’élevage ». Une terre d’élevage, qui, de plus, aurait le potentiel de le développer encore… « Rappelons qu’en 1980, dans l’ouest de la France, il y avait deux fois plus de vaches qu’aujourd’hui… Et que la production porcine stagne, tandis que la production avicole a régressé de 20 %. »
Bien sûr, ce soleil radieux ne brillera que si la filière laitière française, en donc en particulier celle de l’Ouest de la France, se met en capacité de conquérir ces marchés porteurs… Or, ceux-ci sont nouveaux, puisque, jusqu’à présent, la production française était très orientée vers le marché intérieur, voire européen. Et la France n’est pas seule à lorgner du côté de ces nouveaux débouchés : « Dans les 10 ans à venir, la concurrence sera rude », analyse l’économiste, « l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Irlande ne nous feront pas de cadeaux » ; pas plus que d’autres pays plus lointains, intéressés également par ces marchés : la Nouvelle-Zélande, les USA et peut-être l’Argentine…

Capitaliser sur ses atouts

Pour l’heure, même si la France a pris un peu de retard dans sa conquête de ces marchés, rien n’est perdu : « Cessons de dire que les Allemands sont « meilleurs » ». Ils le sont effectivement sur certains points, comme le coût de la main d’œuvre, la structuration du secteur laitier, le rapport à l’énergie ou certaines réglementations. Mais la France a également des atouts qui lui sont propres, sur lesquels il lui faudra capitaliser : un coût modéré du foncier, des quotas non marchands, des entreprises innovantes avec une forte expérience technologique : « Il faut de la technologie laitière pour exporter ».
Les acteurs de cette « éventuelle » exportation, les transformateurs, étaient justement réunis lors d’une table-ronde, pour exprimer leur vision du contexte « après-quota ». Tous les principaux acteurs agissant dans le département étaient présents : du plus grand, Lactalis (premier fromager mondial, 5,3 milliards de litres de lait collectés en France), au plus petit (Saint-Père), en passant par les deux grandes coopératives que sont Terrena (avec Laïta) et Eurial (avec Agrial, et Coralis).
Tous ces acteurs se sont montrés plutôt optimistes pour l’avenir laitier du département, avec bien sûr des visions différentes sur leurs vocations et leurs priorités, mais avec, tous, un intérêt pour l’export, puisque même le « petit » Saint-Père, qui fonctionne en circuit court pour sa maison mère Intermarché, parvient à vendre du lait en Chine.
L’export constitue certes une « clé » pour l’avenir, mais elle n’est pas non plus la panacée. Les opérateurs ont ainsi souligné la volatilité de ces marchés, par opposition au marché intérieur, plus stable. Mais sur ce marché intérieur, justement, bien des choses sont à revoir, puisque tous ont également souligné la difficulté à « passer des hausses de prix auprès de la grande distribution ».
Le représentant des producteurs à cette table-ronde, André Bonnard, de la FNPL, a pour sa part souligné que les producteurs laitiers de l’ouest se trouvaient dans une position forte, pouvant même mettre en concurrence les transformateurs entre eux : « Nous sommes dans une région où l’on peut faire du lait… ou autre chose. Alors, donnez-nous envie de faire du lait ! »
Cette envie de faire du lait semble heureusement plus que jamais présente en Loire-Atlantique, comme en ont témoigné les différents éleveurs qui sont intervenus durant l’après-midi(1). Et comme l’a souligné Christophe Sablé, secrétaire général de la chambre d’agriculture, « il n’y aura pas qu’une seule manière de faire du lait » ; mais il y aura toutefois une condition sine qua non : que les producteurs y trouvent une juste rémunération.

(1) Loire-Atlantique agricole reviendra sur ces témoignages lors d’un dossier lait, à paraître dans l’édition du 14 mars prochain.

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