Union européenne : Résultats en demi-teinte pour la réforme de l'OCM sucre

Gabriel Omnès

Une évaluation de la Cour des comptes européenne souligne plusieurs carences de la réforme du secteur sucrier européen, comme la dépendance accrue aux importations.

La réforme de l'organisation commune de marché du sucre visait officiellement à accroître la compétitivité de la filière européenne, à stabiliser les marchés et à garantir la sécurité de l'approvisionnement en sucre. Or, selon une étude publiée par la Cour des comptes européenne, « le processus de réforme ne garantit pas complètement la compétitivité future de l'industrie sucrière de l'UE ». Outre l'absence de références nécessaires pour en mesurer les progrès, « l'audit a mis en évidence des cas de sucreries fermées par les producteurs en raison de leur capacité relativement faible et de leur technologie obsolète, alors même que les betteraviers réalisaient les rendements à l'hectare les plus élevés ».

L'étude fait ainsi état de l'abandon de 2,4 millions de tonnes (Mt) de quotas (sur une réduction totale de 6 Mt) « dans des régions jugées les plus concurrentielles par la Commission ». La dépendance accrue de l'Europe aux importations est aussi pointée du doigt, avec une production intérieure qui ne couvre plus que 85 % de la consommation. Compte tenu des restrictions à l'export et d'une grande ouverture du marché européen aux pays tiers, « le niveau de la production intérieure nécessaire pour répondre aux besoins de l'UE est devenu le facteur clé de stabilisation du marché ». L'augmentation des importations pourrait donc conduire Bruxelles à réduire plus encore les quotas. Une option qui, selon la Cour des comptes, ferait peser des risques sur la sécurité de l'approvisionnement.

La dépendance accrue de l'Europe aux importations est pontée du doigt. (S. Leitenberger)

La dépendance accrue de l'Europe aux importations est pontée du doigt. (S. Leitenberger)

Délocalisation

Autre conséquence : la délocalisation possible de la production de sucre. Trois groupes de transformation ayant bénéficié d'une aide en contrepartie de l'abandon de quotas et de la fermeture de sucreries dans l'UE ont, selon le rapport, « investi dans des installations de production de sucre dans des pays tiers ou signé des accords commerciaux avec des pays tiers auxquels l'UE a accordé des concessions commerciales. »

Source Réussir Grandes Cultures Décembre 2010

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