[Vidéo] Avis d'expert : "Vers une campagne blé tendre équilibrée"

Anne Sophie LESAGE

[Vidéo] Avis d'expert : "Vers une campagne blé tendre équilibrée"

A l'occasion de la fin de campagne 2013/2014, Olivia Le Lamer, Chef de l’unité Grandes Cultures chez FranceAgriMer, fait un point d'actualité sur les enjeux déterminants pour la prochaine campagne 2014/2015.

Quelles sont les perspectives pour la prochaine campagne de blé ? 

" Les perspectives pour la prochaine campagne sont globalement bonnes, tant en blé, qu'en maïs et dans une moindre mesure, en orge. Pour le blé, la production est estimée aux environs de 700 millions de tonnes, ou légèrement en dessous. On avait franchi cette barre en 2013/2014, on serait plutôt, cette année, à 695 millions de tonnes, d’après les chiffres du Cic1, en date de la fin mai. C’est un recul qui est à relativiser, parce qu’on le compare à une campagne record. Par ailleurs, on partira avec des stocks de départ qui seront plus importants, du fait, précisément, de cette campagne record. Tout cela devra nous permettre de fournir les utilisations, notamment industrielles et humaines, qui sont toujours croissantes du fait de la croissance démographique et économique mondiale.

Autant qu’on puisse en juger aujourd’hui, on terminera la campagne avec un bilan blé qui serait donc équilibré. Compte tenu des incertitudes à ce stade, -3 millions de tonnes pour le Cic, +4 millions de tonnes de stock final pour l'USDA2 ; on peut considérer que nous sommes sur une campagne qui se présente équilibrée."

Qu’en est-il pour les autres cultures ? 

"De la même manière, en maïs, on devrait avoir très bon volume de production, avec une production américaine record, identique à l'an dernier, c’est en tout cas le pari que fait le ministère américain de l’agriculture. Un bilan maïs qui se terminerait donc avec des stocks de report encore majorés.

En orge, en revanche, la situation est un peu différente, dans la mesure où en 2013/2014 nous avions eu le retour d’une campagne excédentaire, du jamais vu depuis 3 ans. Pour la prochaine campagne on aura probablement à nouveau des utilisations qui dépasseront le niveau de la production ; donc une campagne déficitaire. Compte tenu du niveau de production et des stocks engrangés de la campagne 13/14, ça ne devrait pas poser de problèmes majeurs."

Quel peut être l’impact d’El-Niño ?

"Il y a plusieurs façons d’aborder ce phénomène météorologique, d’abord sa probabilité d’occurrence, qui est jugée élevée par les météorologistes mondiaux, de l’ordre de 70%. Ensuite, la question est de savoir si ce phénomène sera d’une intensité élevée ou non. C’est apparemment très difficile de prévoir et les météorologistes sont en alerte. On en reparlera dans les semaines qui viennent. Le phénomène va sans doute se développer.

Le troisième aspect de la question, qui finalement nous intéresse le plus, c’est de savoir  quel sera son impact sur les cultures ? Si l'on prend l'exemple de l’Australie, en 2002/2003 et 2006/2007, nous avons assisté à une très forte chute de la production, qui a été divisée de moitié, alors même que le phénomène El-Niño présent ces années là, avait une intensité jugée faible. Il est très difficile, sous plusieurs points de vue, de prévoir les conséquences d’un tel phénomène sur la production de céréales."

1 : Conseil International des Céréales

2 : Département de l’agriculture des États-Unis

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