[Video] Rebond des prix du blé, morosité sur le maïs

Propos recueillis par S.Caron

[Video] Rebond des prix du blé, morosité sur le maïs
Le monde va engranger la plus grosse récolte jamais réalisée (DR)

Dans notre « Avis d’Expert », Sébastien Poncelet, consultant Agritel*, fait le point sur les marchés du blé et du maïs en cet automne 2013. Si les cours se maintiennent en blé du fait de stocks faibles et de l’incertitude des récoltes de l’hémisphère sud, les prix du maïs sont plombés par la situation américaine et ukrainienne.

 

En blé, la campagne 2013-2014 est marquée par une forte augmentation de la production au niveau mondial, 30 à 40 millions de tonnes de plus par rapport à la précédente campagne,  précise Sébastien Poncelet, consultant Agritel. Mais les stocks de départ étant faibles, l’offre globale de blé à commercialiser  dans le monde est à peine plus élevée que l’an passé. « Les stocks chez les grands vendeurs se reconstruisent à peine », précise notre expert.

Blé : 205-208 euros la tonne à la mi-novembre

De gros doutes persistent également sur les récoltes des pays de l’hémisphère sud notamment en Argentine et Australie. Une situation qui laisse le marché du blé dans une forte attente et provoque un rebond des prix après la chute de cet été. Sur le marché à terme, le prix du blé -qui avoisinait les 180 euros la tonne à la mi-aout - est désormais remonté à 205-208 euros la tonne.

Un marché également porté par une forte dynamique à l’exportation. La Chine s’est mise à importer du blé depuis l’été dernier et prend la place de deuxième acheteur potentiel dans le monde. Le Brésil achète également massivement du blé chez son voisin américain. « Le commerce mondial du blé reste animé ce qui soutient les prix davantage que prévu » conclut Sébastien Poncelet.

Un afflux massif de maïs ukrainien sur l’Europe

La situation sur le marché du maïs est nettement moins bonne. Le monde va en effet engranger la plus grosse récolte jamais réalisée, notamment du fait des excellents rendements maïs aux USA. La récolte américaine risque donc d’inonder le commerce international. Une situation qui plombe les cours, qui sont au plus bas aux USA. Pour ne rien arranger, la politique de l’éthanol semble sur le point d’être remise en cause aux États-Unis.

En Ukraine, on annonce également une récolte record. Ce pays exporte sur toute la méditerranée et l’Europe. On peut donc craindre un afflux massif de maïs ukrainien sur les pays de l’UE. Pour le moment, les cours du maïs se tiennent à peu près en Europe car la récolte ukrainienne 2013 n’est pas encore sur le marché et la récolte française, annoncée comme très moyenne, arrive avec du retard et permet de limiter la chute sur les cours.

L’avis de l’expert

La situation sur le marché des grains est complexe et, dans ce contexte, Sébastien Poncelet estime qu’il faut avant tout être au point sur ses coûts de production, ses niveaux de commercialisation et ses prix d’objectif. « Il faut être dans une logique de sécurité en n’ayant pas peur  d’être sur des gros niveaux d’engagement à ce stade de l’année », conseille-t-il, « en privilégiant les outils du marché à terme et notamment les options ». Des options qui permettent d’avoir, selon lui, une bonne stratégie de protection du revenu tout en gardant un levier de performance à la hausse. Le marché est en effet  tellement volatil que la tendance pourrait s'inverser sous l’effet d'incidents climatiques dans les 6 prochains !

Retrouver les analyses quotidiennes et les conseils d’Agritel dans le Service Expert Grandes Cultures de Pleinchamp

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Commentaires 3

ehoui

effectivement c'est une bonne nouvelle pour les eleveurs qui ne se sont jamais privé meme quand les cereales etaaient a 90€ pour importer du blé de la mer noire (solidarnosc) et du soja sud americain ( no pasaran) une certaine idéee de la solidarité

Didier

On parle toujours de la baisse des prix des céréales comme une catastrophe mais n'oublions pas que c'est d'abord une bonne nouvelle pour les éleveurs. mais encore faut-il que l'on voit l’impact sur le prix des aliments...

Sylvie

Et bien si les prix du blé remontent la pilule de la PAC passera mieux chez nos céréaliers ;)

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