[Vidéo] Ukraine et El Niño : un cocktail haussier pour les prix du blé

Sophie Caron

[Vidéo] Ukraine et El Niño : un cocktail haussier pour les prix du blé

Les prix des céréales ont augmenté ces deux derniers mois en raison des incertitudes en Ukraine et des problèmes climatiques. Cette tendance haussière va-t-elle perdurer ? Les explications d’Andrée Defois, présidente de Stratégie grains / Tallage.

  

La situation ukrainienne inquiète

Les prix des céréales, notamment du blé, ont clairement  augmenté ces deux derniers mois, pour l’ancienne comme pour la prochaine récolte. La raison principale de cette hausse est, selon Andrée Defois, liée aux événements qui se sont déroulés en Ukraine et qui suscitent beaucoup de questions : quelle est  l’aptitude de l’Ukraine à exporter ? Quelles vont être les récoltes de ce pays en  blé et en maïs,  sachant que les agriculteurs  ont des difficultés à accéder aux semences importés ? La baisse de la monnaie ukrainienne rend également difficile l’accès aux intrants et les rendements risquent d’en pâtir.

Autre phénomène qui explique l’évolution des prix à la hausse : la situation climatique  aux USA qui affecte le potentiel de rendement des blés d’hiver. Enfin, le rythme des exportations de la dernière campagne, notamment des blés européens, est resté très élevé vers les pays du Proche Orient ou de l’Afrique du Nord. Des pays qui sont venus acheter des céréales  assez tardivement sur le marché et en quantités plus importantes que prévues.

Maïs : des stocks lourds au niveau mondial

Pour les prochains mois, l’évolution des prix va dépendre d’abord de la situation du maïs qui reste lourde au niveau mondial avec une offre supérieure à la demande, estime la présidente de Tallage Sans incidents climatiques, on s’attend à une récolte élevée de maïs à l’échelle du monde, voisine de celle de l’an dernier. Même s’il est un peu tôt pour porter un jugement, cette  situation devrait empêcher les prix du maïs de remonter.

Le blé va, quant à lui, rester dans une situation plus fragile, la récolte est prévue en légère baisse au niveau mondial alors que la demande devrait  rester sensiblement identique à l’an passé. Le  bilan de blé de la future campagne devrait donc finir avec des stocks moyens, un peu limités par rapport aux besoins. « Il n’existe pas de marges  de manœuvre au cas où un nouveau problème se produirait » explique Andrée Defois.

Arrivée probable d’El Niño

Un problème qui pourrait prendre la forme du  phénomène climatique El Niño, annoncé cette année par tous les météorologues.  El Niño, qui devrait arriver à la fin de l’été,  pourrait donc affecter les rendements australiens. Si son intensité s’avérait importante, il est probable que le prix du blé continuerait à monter. La situation en Ukraine reste l’autre gros point d’interrogation de la campagne 2004/2015. « Si l’Ukraine n’est capable d’exporter que 2 ou 3 Mt de blé au lieu des 6 prévus aujourd’hui, ce serait de nature à élever le prix du blé » ajoute Andrée Defois, même si le potentiel de hausse devrait rester limité par le contexte baissier du maïs.

 

En ce qui concerne le colza, les prix de la nouvelle campagne sont  en nette baisse par rapport aux prix de la récolte 2013 du fait d’une forte récolte attendue à l’échelle mondiale. Le bilan va donc rester lourd avec des stocks importants. 

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