11 interventions mécanisées en grandes cultures

Raphaël Lecocq

La pomme de terre concentre 8 passages phytos, 3 passages d’engrais et 16 interventions pour le travail du sol, la plantation et l’arrachage
Matrot

C’est la moyenne observée dans l’enquête du ministère de l’Agriculture sur les pratiques culturales de la campagne 2010/2011. Les extrêmes sont représentés par le triticale et la pomme de terre, avec respectivement 8 et 27 interventions.

Travail du sol, implantation et destruction éventuelle des cultures intermédiaires, semis, apports d’engrais et de produits phytosanitaires et enfin récolte : telle est la définition des interventions culturales selon l’enquête du ministère de l’Agriculture, relative à la campagne 2010/2011 et faisant suite aux enquêtes du même type menées en 1994,1998, 2001 et 2006. Pour mémoire, en 2013, le ministère de l’Agriculture avait communiqué les résultats concernant le nombre moyen de traitements et leur indice de fréquence. Dans les parcelles de céréales à paille, 11 interventions mécanisées sont réalisées en moyenne, dont 2, obligatoires, pour le semis et la récolte, 2 pour le travail du sol et 7 pour les apports d’engrais et de produits phytosanitaires. Dans celles de maïs, pois, colza et tournesol, 4 passages mécanisés sont réalisés en moyenne pour le travail du sol. Le nombre de passages pour les engrais et les phytosanitaires est plus variable selon les cultures : 9 pour le colza, 6 pour le pois, 4 pour le maïs et 3 pour le tournesol. Betterave et pomme de terre demandent en moyenne jusqu’à 6 interventions pour le travail du sol et davantage de passages pour les phytosanitaires. Au total, 27 interventions sont pratiquées sur la pomme de terre et 17 sur la betterave.

Combinaison semis-travail du sol sur la moitié des surfaces

La combinaison du semis avec les dernières opérations de travail du sol est pratiquée sur plus de la moitié des surfaces mais elle dépend beaucoup des espèces à implanter. Quasiment généralisée pour le blé, l’orge, le triticale, le pois et le colza, elle est peu fréquente pour le maïs, le tournesol, la betterave et la pomme de terre. Le combiné semis – apport d’engrais est pratiqué en 2011 sur 5 % de la sole en grandes cultures, sur le maïs principalement. Le combiné semis – traitement phytosanitaire est pratiqué sur 2 % de l’ensemble des surfaces de grandes cultures et concerne le maïs et le tournesol

Pas de labour sur le tiers des surfaces

En 2011, le travail du sol sans labour couvre 35 % des superficies des grandes cultures. Cette technique est plus courante en région Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Île-de-France où elle dépasse 40 % de la sole. Elle est diffusée plus facilement dans les régions exposées au risque d’érosion. Le blé dur et le colza sont les espèces majoritairement implantées sans labour (58 % et 51 % des surfaces respectivement). Viennent ensuite le blé tendre (44 % de la sole), puis l’orge, le tournesol, le pois et le triticale (plus de 25 %). La simplification des travaux de préparation du sol peut être poussée jusqu’à la réalisation d’un semis direct sans travail du sol, même superficiel. Cette technique reste encore confidentielle et ne concerne que 2 % de la sole des grandes cultures en France. Ces pratiques exigent une bonne technicité pour maîtriser les adventices des cultures. Elle est réalisée sur 4 % de la sole de blé (blé dur et blé tendre confondus), et concerne entre 1 % et 2 % des surfaces en orge, triticale, pois et tournesol. Travail sans labour ne signifie pas toujours absence de travail profond des sols. En effet, parmi les surfaces non labourées de grandes cultures, deux tiers (soit 23 % de l’ensemble des surfaces) ne font l’objet que d’un travail superficiel au sens où elles sont travaillées exclusivement par des outils ne descendant pas en dessous de 15 cm de profondeur. Les autres sont travaillées profondément mais sans retournement. Le non-labour est plus répandu en Midi- Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Bourgogne, Champagne-Ardenne et Île-de-France.

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