3ème chronique (nov. 13) : Outils à dents ou à disques ?

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pulvériseur en X

Que ce soit pour réaliser un déchaumage, une reprise derrière labour ou préparer un lit de semences sans travail préalable, l’agriculteur a à sa disposition une vaste panoplie d’outils à dents et à disques.Ils peuvent travailler seuls ou être combinés sur un bâti.

déchaumeur à dents et à disques

Les outils à dents (le terme « dent » largement employé désigne l’ensemble étançon-soc) sont classés suivant leur capacité de pénétration en fonction du travail à réaliser. Pour un décompactage, il faut que l’outil puisse travailler entre 25 et 40 cm de profondeur (utilisation d’un étançon rigide avec système de sécurité) alors que pour un déchaumage, 5 à 8 cm suffisent (utilisation d’un étançon flexible). La forme et le degré de flexibilité de l’étançon ont une influence sur le qualité de l’émiettement et le bouleversement des horizons.

Les outils à disques appelés aussi pulvériseurs peuvent être en V de type « cover-crop » à deux rangées de disques ou en X à 4 rangées de disques. Dans ce cas, les disques lisses ou crénelés (diamètre 560 ou 610 mm) sont empilés sur un axe (écartement standard 230 mm) et ont donc un angle d’entrure nul. C’est la valeur de l’angle d’attaque combinée à la vitesse d’avancement qui provoque un émiettement plus ou moins important. Plus récemment sont apparus des outils à disques indépendants à deux rangées parallèles. Chaque disque est monté sur un étançon relié au châssis grâce à une liaison souple et possède deux angles définis par construction : un angle d’entrure (5 à 6°) et un angle d’attaque (16 à 18°). Cette disposition permet un meilleur émiettement car la terre n’est pas déplacée latéralement comme sur un pulvériseur classique mais soulevée.

Choisir entre outil à dents et outil à disques n’est pas facile car de nombreux facteurs interviennent et sont interdépendants (sol, climat, itinéraire choisi, culture implantée,…). On peut cependant faire un certain nombre de constatations :

- Pour un travail efficace au niveau de l’émiettement il faut travailler en conditions sèches et à vitesse élevée (supérieure à 8 km/h) que ce soit avec un disque ou une dent. Cela a deux conséquences : une usure qui varie avec le carré de la vitesse et une augmentation de l’effort de traction (il faut plus d’énergie pour fissurer le sol). Cependant, le disque a un net avantage sur la dent en terme d’usure car en tournant, il se refroidit au contact de l’air, ce qui n’est pas le cas avec une dent. Le soc étant la partie la plus exposée, les constructeurs proposent plusieurs solutions à base de carbure de tungstène qui offrent une grande résistance à l’échauffement (le carbure de tungstène fond à 2800°C alors que l’acier fond à 1500°C). On peut renforcer les socs d’origine (plaquette soudée, rechargement à la baguette) ou utiliser des pièces spécifiques.

- Dans les sols pierreux, une dent à l’avantage de repousser les cailloux sur le côté alors qu’un disque roule dessus (absence de travail du sol).

- Pour les sols encombrés de débris végétaux ou d’une végétation abondante (exemple : couverts vivants), les disques occasionnent moins de bourrage et permettent un brassage efficace.

- Enfin, que ce soit pour les dents ou les disques,  la capacité de pénétration est liée à l’écartement entre les pièces travaillantes et au poids de l’outil.

Pour ceux qui conservent un itinéraire à base de labour ou de pseudo-labour, les outils animés par la prise de force ont des atouts, comme nous le verrons dans notre prochaine chronique. Rendez-vous le mois prochain !

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