9ème chronique BTS GDEA (mai 10) lycée Somme Suippe : Les limites de l'attelage porté

BTS GDEA du LYCEE DE SOMME-SUIPPE

L'invention du contrôle d'effort avec report de charge a permis aux outils portés de se développer avec des tracteurs relativement légers. Une partie du poids de la terre et de l'outil participent à la traction en augmentant le poids adhérent du tracteur sur le pont arrière. Très intéressant avec un deux roues motrices, le concept s'est avéré également utile avec les tracteurs quatre roues motrices qui équipent la majorité des exploitations actuelles. Cependant, l'augmentation de la taille des outils a vite montré les limites de l'attelage porté. Ce n'est pas la capacité du relevage qui est en cause (un tracteur peut soulever son propre poids !) mais le déséquilibre entre le couple cabreur qui tend à faire pivoter le tracteur autour du point de contact des roues arrières sur le sol et le couple anti-cabreur qui tend à stabiliser le tracteur sur ses quatre roues.
Le couple cabreur est lié au poids et la longueur des outils alors que le couple anti-cabreur dépend de l'empattement et de la répartition des charges entre les deux essieux du tracteur.
Le tableau suivant montre bien le déficit de taille du tracteur (empattement) par rapport à l'augmentation du poids de l'outil (exemple : charrue).

Puissance du tracteur 100 CH 130 CH 170 CH 260 CH
Empattement 2.40m 2.65m 2.80m 2.95m
Différence / 100 CH Référence +10% +17% +23%
Charrue 4 corps portée 5 corps portée 7 corps monoroue 10 corps chariot
Poids de la charrue 1 000 kg 1 200 kg 3 000 kg 4 500 kg
Différence / 100 CH Référence +25% +200% +350%

Dans un premier temps, le problème a été résolu en alourdissant l'avant du tracteur, voire même en déportant les masses grâce à un relevage avant. Cependant, au delà d'une certaine taille, l'attelage porté n'est plus viable. La solution consiste alors à passer aux outils semi-portés voire traînés. Ces deux attelages offrent pas ou peu de report de charge sur le tracteur et augmentent la résistance au roulement (roues de l'outil). Il faut alors alourdir le tracteur, ce qui nuit à son rendement. La dernière solution consiste à utiliser le relevage avant avec un outil. En théorie, c'est la liaison tracteur-outil optimale car l'ensemble du poids des outils et du tracteur participe à l'adhérence. En pratique, ce montage reste peu utilisé pour des raisons techniques (difficulté des réglages, contraintes sur le tracteur, problèmes lors des manoeuvres et des déplacements sur route) et psychologiques (peu d'intérêt des agriculteurs).
Pour limiter au maximum les pertes à la traction, la seule solution consiste à optimiser l'ensemble tracteur outil comme nous le verrons dans la prochaine chronique.

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