A+, A, B et C : la future labellisation des pulvérisateurs viticoles

Raphaël Lecocq

A+, A, B et C : la future labellisation des pulvérisateurs viticoles

Le projet de classification environnementale concernera à terme trois critères que sont la quantité de dépôts sur la végétation, la dérive et la facilité d’utilisation. Premiers sticks d’ici à deux ans.

Adrien Vergès, ingénieur à l’IFV

Les pulvérisateurs ne sont pas tous égaux. Ce n’est un mystère ni pour les constructeurs, ni pour les prescripteurs, ni pour les utilisateurs.  Que l’on se rassure : tous les pulvérisateurs assurent la protection du vignoble, sans quoi la sélection naturelle aurait depuis longtemps écarté les appareils les moins performants. Ceux-ci sont en général assez basiques, économiques à l’achat et productifs à l’usage, le prix d’un appareil étant inversement proportionnel à la distance séparant les diffuseurs de la cible. Dans ces conditions, pourquoi établir une classification des performances des pulvérisateurs viticoles ? Pour deux raisons : la première, c’est que l’on dispose depuis peu d’une méthode scientifique pour évaluer tous les appareils du marché. On la doit à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’agriculture et l’environnement (IRSTEA) et l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) qui ont mis au point la vigne artificielle EvaSprayViti. La seconde, c’est que la pression réglementaire et sociale appuient toujours un peu plus le curseur de l’efficience des pratiques, preuves à l'appui si possible.

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Quatre classes

Car si tous les appareils protègent la vigne, la différence entre un bon et un mauvais réside dans la quantité de produit qui n’atteint pas sa cible, autrement dit la dérive. « Pour établir le classement, nous avons pris comme référence les voutes pneumatiques qui représentent entre 70 et 80 % du parc actuel », déclare Adrien Vergès, ingénieur à l’IFV. Ces appareils ont été crédités de la note B. Ceux dont le dépôt sur feuilles, mesuré au banc d’essai EvaSprayViti, est inférieur à celui des voûtes, héritent de la note C. Les appareils plus performants sont discriminés en deux classes A et A+. La classe A autorise une réduction de la dose d’emploi de 30 % tout en assurant une couverture sur feuille équivalente à la classe B. Pour la classe A+, la réduction atteint 50 % ». Une économie de 50 % de produis phytos, cela ne vous évoque rien ? Ne serait-ce pas l’objectif d’Ecophyto 2 à l’horizon 2025 ? Exact. Des pulvérisateurs sont-ils potentiellement éligibles à la classe A+ ?. Oui. Ils ont plutôt un profil face par face (mais ce n’est pas systématique) et arborent pour certains des panneaux récupérateurs.

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Pas tous testés mais tous classés

Bonne nouvelle : le matériel existant offre donc matière à progresser significativement. Il n’y a plus qu’à coller les sticks sur les appareils pour au minimum éclairer les acheteurs, sinon les inciter à choisir un appareil parmi les plus performants. Pas si vite. Comme il est inenvisageable, pour des questions de coût et de temps, de passer l’intégralité des pulvérisateurs du marché au banc d’essai, les promoteurs du projet envisagent de classer par défaut les appareils sur la base des tendances observées sur les différentes catégories de pulvérisateurs soumises au banc d’essai, en attribuant la note minimale enregistrée par un appareil équivalent de la même famille (face par face, voute pneumatique etc..). Charge au constructeur qui contesterait sa note de soumettre son appareil au banc d’essai et qui ferait alors juge de paix. « Ce protocole a été validé par toutes les instances travaillant au projet de classification des pulvérisateurs, c’est à dire le ministère de l’Agriculture, les constructeurs et les organisations professionnelles agricoles », précise Adrien Vergès. « Il devrait être mis en oeuvre dans un délai de deux ans maximum ». A noter que le classement intègrera une note pour trois stades végétatifs : début, milieu et fin. L’IFV et l’IRSTEA poursuivent par ailleurs leurs travaux pour établir un classement à l’égard de la dérive, en s’appuyant sur le tout nouveau banc d’essai EoleDrift, primé au Sitevi 2017. Avec la qualité des dépôts sur feuilles et la dérive, la facilité d’utilisation pourrait constituer une troisième grille d’évaluation des pulvérisateurs.

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