Agroéquipement : Retour à la normale après l'euphorie de 2008

Sophie Caron

Moins touché par la crise économique que d'autres secteurs de l'industrie, le marché français de l'agroéquipement devrait toutefois baisser en 2009, pour revenir à son niveau de 2007.

Le marché français de l'agroéquipement a connu, en 2008, une progression de son chiffre d'affaires de 21,6% par rapport à 2007 pour atteindre 4,85 milliards d'euros, dévoile la filière des agroéquipements (Axema, Sedima*), à l'occasion de sa conférence de presse de printemps. Cette vive progression s'explique par la conjoncture exceptionnellement favorable dont ont bénéficié plusieurs secteurs clé de l'agriculture en 2007 jusqu'au 3ème trimestre 2008.

Elle masque cependant des difficultés dans plusieurs secteurs qui ont diminué leurs investissements notamment dans le domaine de l'élevage (bovin viande, ovin, porcin, avicole).

Le marché se répartit en 30 % pour les tracteurs et 70 % pour les machines et autres équipements.


Puissance moyenne : 133 chevaux DIN

Le nombre de tracteurs agricoles neufs (hors quad) immatriculés s'établit en 2008 à 43.661, soit une hausse de 16,1 % par rapport à 2007 (37.610 immatriculations). Pour les tracteurs standards, la course aux chevaux continue puisque la hausse du segment des 120 à 150 chevaux atteint + 11 % et celle des 150 CV + 69% ! A l'opposé, les ventes des 60 à 100 CV baissent de 6 %. La puissance moyenne s'établit désormais à 133 chevaux DIN (107 CV en 1999).

Pour cette année, les constructeurs tablent sur un marché global des tracteurs en baisse de 9,8 % à 39.380 unités. Plus largement, en 2009, les professionnels de la filière estiment que le marché français devrait baisser pour revenir à un niveau proche de celui de 2007, soit environ 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Les occasions s'accumulent chez les concessionnaires

Du côté des concessionnaires, l'inquiétude prédomine, notamment dans les régions d'élevage de viande et de grandes cultures. D'après une enquête réalisée sur les prévisions 2009, tous matériels confondus, neuf et d'occasion, 62% des concessionnaires envisagent une baisse de leur marché, dont 30% évaluent la chute à plus de 15%.

Les réseaux sont également inquiets pour l'occasion dont les ventes à l'export, principalement à l'Est, se sont taries. Qui plus est, le matériel neuf payé en 2008 ayant été livré en retard, les occasions arrivent toutes en même temps dans les concessions à un moment où le marché est moins actif. Une situation qui risque de générer des baisses de prix et des chutes de marges.

Axema : Union des industriels de l'agroéquipement
Sedima : Syndicat national des entreprises de services et distribution du machinisme agricole.

Publié par Sophie Caron

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