L'agriculture connectée selon John Deere

Raphaël Lecocq

Le site MyJohnDeere.com est le centre opérationnel de l’agriculture connectée du constructeur. Il offre une multitude d’applications, relayées pour certaines par des applis mobiles
John Deere

Le site MyJohnDeere.com centralise les informations relatives aux machines et aux parcelles et fait office de centre d’opération pour planifier et gérer les chantiers. Aux côtés du Cloud, les applis mobiles disputent l’hégémonie de la console embarquée. Bienvenue dans « big tracteur ».

Avec l’appli MyLogistics, les déplacements de machines sont rationalisés en tenant compte de la position des autres machines et des restrictions de circulation routière

2011 marque pour le constructeur une date importante dans le processus d’agriculture connectée. Cette année là, John Deere greffe quelques grammes de plastique dans des tonnes de ferraille, autrement dit un modem GSM dans ses tracteurs de forte puissance 7R et 8R et autres moissonneuses-batteuses. C’est le début de la connectivité des machines, et avec elles des chauffeurs et des parcelles. Ce modem JD Link, qui équipera au fil des ans d’autres gammes de tracteurs et de machines, ouvrira un champ de nouvelles fonctionnalités, parmi lesquelles le diagnostic des machines à distance (avec ou sans accès au bus Can) ou encore le Remote Display Access (RDA) qui permet de visualiser, toujours à distance (sur smartphone ou autre écran), la console d’un automoteur au travail pour assister le chauffeur dans sa tâche. Le développement du transfert de données sans fil (WDT) relèguera les clés Usb au rang de pièces de musée, dématérialisation oblige. En 2015, le constructeur achève le processus de connectivité en lançant le site MyJohnDeere.com, accessible à tous, clients ou pas de la marque, moyennant un simple code d’accès. Vous n’avez pas tout chez John Deere ? Le constructeur peut ré-équiper des machines concurrentes pour les intégrer dans la ferme connectée.

Cloud, console et applis

Le site compte trois modules dédiés aux machines, aux parcelles et aux opérations. Le module « machines » permet de suivre leur localisation, l’état d’avancement des chantiers, leur état de fonctionnement, leur niveau de performance. Le titulaire du compte, autrement dit l’agriculteur ou l’entrepreneur, peut partager des informations choisies avec ses salariés, ses conseillers ou encore son concessionnaire. Ce dernier pourra alors établir des diagnostics à distance ou réaliser les mises à jour de logiciels. Le module « parcelles » renferme toutes les données passées et présentes relatives au parcellaire. Le module « opérations » enfin permet de planifier et de gérer toutes les interventions culturales, avec la mise à jour instantanée de leur réalisation. Un radar météorologique permet d’intégrer les facteurs climatiques dans l’organisation des chantiers. Avec l’appli MyJobsManager, le chauffeur est averti en temps réel sur son smartphone d’un ordre d’exécution documenté (parcelle, outils, réglage, dose…). Il connaît aussi la position des autres chauffeurs. Avec l’appli MyLogistics, les déplacements de machines sont rationalisés en tenant compte de la position des autres machines et des restrictions de circulation routière (passages étroits, tonnages maxi etc…). Pour le constructeur, les appli sont un maillon essentiel de l’agriculture connectée, aux côtés du Cloud (le site MyJohnDeere.com) et de la console embarquée. Les offres de service FarmSight sont accessibles moyennant des abonnements compris entre 175 € et 500 € par an selon les modalités.

Primée à Agritechnica et développée en Allemagne, le service Connected Crop Protection et Pesticide Application Manager court-circuite les prescripteurs

Un leadership et des applications qui interrogent

Chez John Deere, le site MyJohnDeere.com est aussi le support où l’agriculteur va pouvoir récupérer ses données, ce qui n’est pas directement possible depuis la console GreenStar 3 2630. Moyennant un convertisseur de données (gratuit), il est possible de les extraire au format IsoXML, adopté par un nombre croissant d’éditeurs de logiciels de gestion parcellaire, dont Smag. Cette possibilité permet au constructeur de revendiquer le fait de travailler dans un environnement dit ouvert, contrecarrant les critiques dont il fait régulièrement l’objet. L’avancée, pour ne pas dire l’avance, du constructeur dans le domaine de l’agriculture connectée, combinée à sa force de frappe et à la globalité de son offre (machines, services), ne laisse personne indifférent, aussi bien du côté des agriculteurs, notamment soucieux de la protection de leurs données, que des autres acteurs, soucieux de rester maîtres de certaines de leur prérogatives. Illustration. A Agritechnica 2015, John Deere a obtenu une médaille d’or pour Connected Crop Protection et Pesticide Application Manager, un service développé en partenariat avec Basf notamment. Il s’agit d’un module de conseil instantané et d’application de pulvérisation à la parcelle, présentant certes tous les gages de sécurité utilisateur et de respect des réglementations en vigueur, mais néanmoins inféodé à un fournisseur en particulier et excluant de fait les autres sources de conseil de l’agriculteur, ce qui ne manque pas d’interroger les prescripteurs français. Pour l'heure, ce service et est proposé en Allemagne mais pas en France.

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