L’appétit des robots d’alimentation

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L’appétit des robots d’alimentation

Après la traite, les robots assurant la distribution des fourrages sont dans les starting-blocks. Ils pourraient rapidement combler leur retard à la faveur d’arguments touchant à l’astreinte, aux performances animales ou encore à la sobriété énergétique.

Un pour dix

C’est actuellement la proportion qui caractérise le taux d’équipement des exploitations en robots d’alimentation d’une part et en robots de traite d’autre part. Moins révolutionnaire que le robot de traite qui doit composer la physiologie et le comportement des animaux, le robot d’alimentation n’est pas porteur de véritable rupture technologique. Ce qui n’enlève rien aux bénéfices qu’il est susceptible d’apporter aux élevages herbivores, à commencer par la levée de l’astreinte. Mais qu’entend-on par robot d’alimentation ? Il s’agit de systèmes capables de préparer une ration mélangée et de la distribuer sur une table d’alimentation en toute autonomie. Outre la programmation et le contrôle du fonctionnement de l’ensemble, le rôle de l’opérateur se limite à assurer l’approvisionnement de la cuisine au sein de laquelle des systèmes de transfert (grappins, tapis, vis) assurent le transit des ingrédients choisis et pesés vers un bol mélangeur mobile, sinon vers une trémie mélangeuse à poste fixe, la distribution étant ensuite assurée par un wagonnet sur rail ou un robot automoteur. L’offre de robots d’alimentation distingue en effet des wagonnets sur rail (Delaval, Dusseau, GEA, Geoffroy, Kuhn-TKS…) des véhicules autonomes (Bélair, Jeantil, Lely..). Trioliet, engagé dans l’automatisation de la distribution depuis bientôt 10 ans avec le système par rail, maîtrise aujourd’hui les deux technologies et pense que le véhicule autonome sur roues prendra l’ascendant sur le rail, pour ses facultés d’adaptation aux bâtiments. 

L’investissement dans un robot d’alimentation varie entre 150 000 et 250 000 €

Une fourchette qui s’explique moins par la diversité des marques et des concepts en présence que par la modularité et la flexibilité des installations, la géographie des bâtiments, la configuration de la cuisine potentiellement capable d’intégrer tous les aliments possibles et imaginables, sous quelque forme que ce soit (fibres, tubercules, granulés, poudre, liquide). La modularité et l’évolutivité, autrement dit la capacité du robot à s’adapter dans le temps à une évolution des bâtiments, de la ration ou encore de l’allotement, est un des gros atouts du robot,  capable peu ou prou d’accompagner l’agrandissement des troupeaux et la spécialisation des bâtiments qui va de pair, pour des motifs sanitaires. « L’agrandissement engendre un étalement des vêlages et donc avec la cohabitation de vaches à différents stades de lactation qui ont des besoins alimentaires différents, indique Jean-Luc Ménard, ingénieur au service Environnement et bâtiments à l’Institut de l’élevage. Cela aboutit logiquement à un allotement plus marqué des animaux, avec une incidence sur la multiplicité des rations à distribuer. Les rations peuvent aussi être plus complexes et variées dans le temps, en lien par exemple avec la quête d’autonomie protéique ».

Performances alimentaires et énergétiques.

Multiplier à l’infini ou presque la distribution de rations finement optimisée pour tel ou tel lot d’animaux a-t-il un impact sur la productivité des animaux, en lait comme en viande ? Selon l’Institut de l’élevage, les expérimentations conduites en France et à l’étranger n’apportent pas la preuve d’une amélioration des performances, tout en précisant que dans les essais, les lots d’animaux témoins reçoivent une alimentation à volonté tout au long de la journée, impliquant la pratique de plusieurs repousses, ce qui se situe au-dessus de la moyenne des pratiques courantes. Chez les constructeurs, on ne nie pas la variabilité des situations individuelles, on ne survend pas les capacités des robots d’alimentation mais on ne s’interdit pas non plus de mettre en avant des gains de performance. Delaval par exemple fait état d’une augmentation de la production laitière comprise entre 2 et 3 % après l’introduction d’un Optimat sur une exploitation, quand un robot de traite entraîne un gain compris entre 7 et 10 %. Chez Lely, on note que la production moyenne des 40 exploitations ayant investi dans un Vector est créditée d’un gain moyen quotidien de 1,7 kg et qu’une exploitation a préféré opter pour une économie de fourrage plutôt qu’une augmentation de la production. La distribution d’une ration davantage fractionnée, toujours fraîche et appétant, a non seulement des incidences sur la productivité mais également sur la santé, avec par exemple une plus grande stabilité du pH du rumen. L’aspect énergétique est un autre levier économique mis en avant par les constructeurs. L’électricité animant le robot supplante le gazole des tracteurs, chargeurs et autres automotrices, avec à la clé une réduction de la facture non négligeable, les constructeurs de robots évoquant un coût quotidien de quelques euros en électricité. Au chapitre des dépenses, il faut cependant intégrer les contrats de maintenance.◆

Source : JAMAG - n° 720 - Raphael Lecocq - Automatisation du machinisme

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