La filière agroéquipement fortement impactée par la crise

Raphaël Lecocq

Solde d’opinions sur les perspectives de la filière
Axema

Constructeurs et distributeurs anticipent une forte baisse d’activité au second semestre 2016, ainsi qu’au premier semestre 2017. Ils en appellent aux pouvoirs publics pour préserver l’emploi et les services dans les territoires.

Prévisions du chiffre d’affaires des industriels au 1er semestre 2017

Une baisse de chiffre d’affaires comprise entre – 6 % et – 25 % pour les constructeurs, des baisses de commandes de – 20 % et de – 14 % respectivement en neuf et occasion pour les distributeurs : telles sont les anticipations de la filière pour le second semestre 2016, tirées d’une enquête réalisée auprès des adhérents d’Axema, le Syndicat des industriels de l’agroéquipement, et du Sedima, le Syndicat national des entreprises de service et distribution du machinisme agricole. Seuls les secteurs viti-vinicoles et des espaces verts échappent au marasme et pourraient voir leur activité se maintenir voire légèrement progresser. La filière s’inquiète pour les petits fabricants, dont les flux de trésorerie sont fragilisés. Un problème prégnant pour les distributeurs, confrontés à la hausse des stocks de matériels neufs et de matériels d’occasion de forte valeur, ces derniers étant générés par le suramortissement fiscal.

Perspectives d’évolution des commandes des distributeurs au 1er semestre 2017

L’emploi préservé coûte que coûte

L’allongement des délais de paiement est un autre symptôme de la crise. Pour compenser la chute des ventes ainsi que la baisse de chiffres d’affaires également enregistrée dans la vente de pièces détachées et le SAV, les distributeurs auraient pu décider de tailler dans la masse salariale. Ils ne l’ont pas fait, la baisse des effectifs se limitant à 0,6 % selon les premières estimations. La filière ne lâche rien sur sa politique de formation et d’embauche des jeunes, afin de ne pas hypothéquer l’avenir, l’attractivité des métiers de l’agroéquipement constituant un défi au long cours. L’effort consenti par la filière sur la formation et l’emploi est d’autant plus louable que les perspectives pour le premier semestre 2017 sont négatives, avec une anticipation de baisse d’activité comprise entre – 3 % et – 15 % pour près d’un industriel sur deux enquêtés et de – 15 % pour les distributeurs, même si une légère embellie se dessine à l’export pour les premiers. Dans ces conditions, « Axema et le Sedima en appellent aux pouvoirs publics pour que la filière des agroéquipements soit intégrée au plan d’aide à l’agriculture afin de maintenir un service de proximité aux agriculteurs et préserver les emplois dans les territoires ». 

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